[Chroniques] Nos aventures en Magnamund

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Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar MastaDaddy » 07-02-2018

Classe.

N'empêche, ça me fera rire à chaque fois.

Epona
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Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar Chrysalid » 07-02-2018

Ouaip. Et Zipp le chien, non ?

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Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar MastaDaddy » 07-03-2018

Si, c'est vrai :D
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Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar Chrysalid » 08-19-2018

La Lune Sanglante se lève : La Crypte des Suukons (18-août-18)
Héra et Lorelei

Le voyage les occupa deux jours, au cours desquels Héra et Lorelei se reposèrent tant bien que mal de leur dernière longue nuit de voyage. Bien que la Route des Morts soit très ancienne et passablement difficile à suivre, le cheval faisait tout le travail, laissant à ses deux occupantes le loisir de se reposer tant bien que mal. L'ambiance, néanmoins, les inquiétait de plus en plus. Nul insecte n'emplissait l'air de son vrombissement. Nul animal ne se faisait voir dans les buissons. Les lieux étaient déserts et silencieux, au point que les pas lourds d'Epona semblaient assourdissants.
Dans le courant de la matinée, leur attention fut attirée par la carcasse ensanglantée d'un animal sur le bas côté, dont le corps avait été si cruellement déchiqueté qu'il était impossible de déterminer à quelle espèce il appartenait. La suite de la journée ne leur fit aucune autre surprise.
Mais durant la nuit qui suivit, Lorelei fit un étrange rêve, peut-être un cauchemar, qui la réveilla le lendemain matin, avant le lever du soleil. Le seul souvenir qu'elle en conserva fut une impression d'étouffement, d'être enterrée vivante. Cela lui laissa un sentiment étrange pour le reste de la journée, comme si cela l'avait vidée de toute énergie. Elle ne prononça pas un mot durant le petit déjeuner, au grand étonnement de sa compagne d'aventure, et demeura maussade durant le reste du trajet.

Après quelques heures de route, ils furent agressés par un énorme ours noir à l’œil fou, dont les griffes étaient couvertes de sang, et dont le torse était percé d'une cruelle blessure. Redoutant de l'affronter, elles fuirent assez vite pour le distancer, puis firent un large détour pour éviter toute confrontation.

Au soir du liodag, elles atteignirent les contreforts de la montagne qu'elles commencèrent à fouiller. L'entrée de la crypte, d'après leurs informations, devait se trouver dans les environs. Elles mirent une bonne heure, voire même deux, à explorer la zone. Hélas, entre une chevaleresse versée dans l'étiquette et l'héraldique, et une sœur de l’Étoile de Cristal aux nombreuses connaissances théoriques, aucune n'était vraiment à son aise sur le terrain, et encore moins en pleine nature ! Elles parvinrent toutefois à découvrir l'entrée de la crypte, cachée sous une épaisse végétation, dont la porte de métal semblait avoir résisté à l'épreuve du temps. Héra la fit sauter d'un coup d'épaule, et toutes deux de découvrir une petite chambre funéraire, dont le sarcophage ne contenait que quelques reste poussiéreux. En étudiant les bas-reliefs, Lorelei put rapprocher les Suukons avec une caste d'êtres légendaires, les Majdar. Mais qu'étaient-ils venus faire ici, en Sommerlund ?
Déçue de ne rien trouver de plus, Héra poussa le sarcophage, ce qui révéla un escalier s'enfonçant dans les profondeurs. Emplies d'un espoir nouveau, elles laissèrent là leurs animaux et s'y engagèrent sans plus tarder.

Le couloir sombre, dans lequel dansèrent les ombres des deux aventurières, eut un étrange effet sur Lorelei qui, de plus en plus enfoncée dans une profonde dépression, décida de faire demi-tour. Elle s'assit sur une marche de l'escalier et commença à manger une ration. Héra, quant à elle, parvint à un couloir transversal où s'élevait une lourde porte de bronze finement décorée. Autour, sur les murs, des centaines d'anciens étaient représentés, les yeux argentés, et semblaient suivre la chevaleresse du regard.
Délaissant la lourde porte, qu'elle ne parvenait à ouvrir, elle s'engagea dans un autre couloir, avant d'être bientôt rejointe par Lorelei, toujours maussade. Dans une nouvelle chambre funéraire, elles furent attaquées par un mort-vivant à l'imposant sabre à deux mains. Peu désireuses de l'affronter, elles fuirent les lieux, et remontèrent jusque dans la première chambre ! Enfin, après une durée indéterminée, elles redescendirent pour constater que le gardien était parti – probablement avait il repris sa position d'origine.
Plus loin, un autre couloir les mena à une pièce large, dont les décorations représentaient une cité immense aux décorations d'un autre monde. Ici, 6 gardiens protégeaient une porte. Lorsque les deux envoyées du Sommerlund s'approchèrent, trois d'entre eux s'activèrent et tentèrent de les tuer, mais l'épée de Héra et les sorts de Lorelei eurent tôt fait de les détruire. Les trois autres gardiens restèrent figés, ou presque, quand bien même la chevaleresse décida de les détruire l'un après l'autre sans qu'ils ne se défendent aucunement.

Finalement, Lorelei et Héra arrivèrent dans une dernière chambre funéraire, dans laquelle elles trouvèrent un corps en poussière depuis des siècles, portant une armure et tenant contre lui un arc précieux. Or, en s'emparant de l'arme, la sœur de l’Étoile de Cristal sembla éprouver des remords à dépouiller cet antique chevalier. Hélas, en poussant le couvercle du sarcophage un peu trop loin, Héra le fit tomber, ce qui cassa certaines des curieuses fioles qui parsemaient le sol de la salle... et libérant par le fait un gaz toxique. Sans prendre le temps de fouiller plus avant, les deux exploratrices quittèrent les lieux en catastrophe.

Cet arc étrange, qui semblait témoigner d'une technologie et/ou d'une matière inconnue, devait absolument être ramené à la Guilde pour être expertisé. Et tout en remontant vers la surface, Héra répondit aux scrupules de son alliée en lui proposant de ramener l'arc à la crypte sitôt vaincu le Dogue des Tourments...

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Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar Chrysalid » 09-16-2018

La Lune Sanglante se lève : Dernier Sang (15-sept-18)
Lorelei et Héra

Lorsque Lorelei et Héra quittèrent la crypte des Suukons, elles remarquèrent à quel point le paysage autour d'elles était rouge. L’œil d'Ishir, qui les fixait depuis les hauteurs du ciel noir, diffusait une lumière de sang qui donnait aux terres alentours un aspect de fin du monde – c'était la dernière nuit de la Lune Sanglante. Cela était-il en rapport avec le Dogue ? Serait-il encore possible de le vaincre après cette nuit particulière ?

Avec l'arc en leur possession, les deux aventurières décidèrent de prendre immédiatement la route de Toran, afin de le ramener à la Guilde et de le faire expertiser. Hélas, peu après leur départ de la vallée encaissée, elles découvrirent des traces de passage récent, et des taches de sang ici et là : le Dogue était dans les parages... Plus elles avançaient, plus elles remarquaient des traces visibles. Finalement, elles tombèrent sur une clairière au centre de laquelle gisait un véritable charnier ! Des corps démembrés, des organes arrachés et d'effroyables quantités de sang leur firent comprendre que le monstre s'était servi pendant qu'elles exploraient la crypte. En outre, un drapeau du Sommerlund émergeait de cet écœurant amoncellement. Ni la magicienne ni la chevaleresse ne comprit ce que cette patrouille était venu faire ici, dans ces terres sauvages loin de toute civilisation. Autant par respect pour les morts que par appréhensions personnelles, elles décidèrent de les laisser où ils étaient sans y toucher et de reprendre la route sans délai.

Hélas, peu après, elles finirent par tomber dans une embuscade que leur avait tendu le démon, lorsqu'elles entendirent son hurlement résonner à quelques mètres seulement derrières elles... Échangeant des regards effrayés, elles comprirent qu'elles ne pourraient probablement jamais atteindre Toran. Car désormais, c'était elles que la bête traquait... Sans plus attendre, Lorelei lança un sort de Filet sur la créature, leur permettant de fuir au grand galop. Hélas, elles l'avaient déjà vu se libérer d'un tel sort quelques jours plus tôt, et savaient qu'il ne resterait pas empêtré très longtemps. Et en effet, après quelques minutes, le hurlement de la bête se fit à nouveau entendre. En désespoir de cause, elles essayèrent de manipuler l'arc trouvé dans la crypte, mais sans flèche, celui-ci s'avéra inutile...
Alors elles décidèrent de se séparer. La chevaleresse aida la magicienne à grimper dans un arbre où elle serait – à priori – en sécurité, puis elle-même sauta sur son fier destrier pour fuir à toute vitesse, toujours en direction de Toran. Lorsque le Dogue parut à l'horizon, la sœur de l’Étoile de Cristal lui décocha un éclair qui le fit crier de douleur, mais l'animal fut très vite de nouveau sur ses pattes pour prendre Héra en chasse à toute vitesse. En quelques instants, la magicienne se retrouva seule (presque seule, si l'on prend en compte son chien caché dans un fourré tout proche), à s'interroger sur les options qui s'offraient à elle.

Héra filait à toute vitesse, l'arc en bandoulière, espérant rejoindre Toran en quelques heures si elle poussait son cheval suffisamment fort. A un moment, elle sut qu'elle était prise en chasse par le chien de l'enfer mais, débarrassé du poids de Lorelei, Epona pouvait galoper à toute vitesse, aussi parvinrent-elles à distancer la bête... qui finit par abandonner, avant de revenir sur ses pas.

De son côté, Lorelei repensa au charnier, ne comprenant toujours pas ce que cette patrouille était venue faire là. Comme elle ne sentait plus la présence du monstre dans les parages, elle quitta son perchoir et tenta de retrouver la clairière ensanglantée. Elle y parvint au bout d'un petit moment en trébuchant sur les corps. Hélas, elle entendit bientôt le pas lourd de la bête qui était revenu pour elle, guidé par son odorat exceptionnel. Et bientôt, elle sentit presque le souffle rauque et brûlant de la bête s'approcher d'elle. Elle fut prise de panique et tenta de se cacher dans les cadavres, mais c'était peine perdue. Le monstre la retrouva facilement, et ne fit d'elle qu'une bouchée...

Après avoir chevauché toute la nuit, Héra se demanda si elle n'avait pas fait une erreur en laissant Lorelei derrière elle. La bête était partie et manifestement se trouvait loin de là. Alors la chevaleresse fit demi-tour et partit en quête de son amie. Après quelques heures de route, elle finit par revenir là où elle l'avait laissée, mais l'arbre était inoccupé. Elle continua à explorer les environs et finit par retrouver la clairière rouge, où elle retrouva avec tristesse le corps de son amie. La mort dans l'âme, elle la récupéra et la hissa sur la croupe de son cheval – et où était passé le chien de Lorelei ?

Enfin, elle reprit la route vers Toran. Et alors que les kilomètres défilaient et que le jour déclinait, elle finit peu à peu par comprendre qu'elle avait certainement fait une erreur en faisant demi-tour, car il devint très vite évident qu'elle n'était plus seule. En effet, des bruits ici et là lui firent comprendre qu'elle était prise en chasse. Et c'est sans surprise qu'elle vit apparaître le monstre sur son chemin, dès lors que la nuit tomba. L'innommable créature semblait plus vive et plus grosse qu'à leur précédente rencontre. Les étranges cristaux bleus avaient poussé et émettaient à présent une inquiétante lueur bleutée. Bien sûr, la chevaleresse tenta de se défendre tant bien que mal contre les violents assauts de la bête, mais celle-ci abattait ses défenses sans mal, et c'est sans mal qu'elle lui déchira les entrailles, malgré l'immense volonté de la guerrière...

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Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar Chrysalid » 01-19-2020

Tant de mets, tant de larmes...
Mordrum et Faucon Errant, maîtrisé par Chrysalid (18/01/20)

Jera 5001 PL

Le temps était clément, et le soleil envahissait peu à peu les contrées du Magnamund Septentrional. Dans les terres libres de Talestria, comme partout ailleurs, le monde avait repris vie tandis que le printemps s'était étendu sur les plaines et les collines. Du moins, presque partout.

C'était au soir d'Ishdag, le 17e jour du mois de Jera, dans le petit village d'Urtin. Ici, sur la frontière occidentale de Talestria, il n'était pas rare de croiser des nains Drodarin, originaires du royaume voisin de Bor. Et ce soir n'était pas différent. En effet, dans la grand'salle de l'auberge Chez Jekal, un nain mettait l'ambiance. À l'image de ses compatriotes, celui-ci parlait fort, réclamait qu'on remplisse sa chope en permanence, et il n'hésitait pas à chanter et à rire tout seul. Et curieusement, cela ne semblait pas déranger les autochtones de passage.

Depuis le fond de la salle, assis dans un coin d'ombre, un homme vêtu de la cape verte des Seigneurs Kaï observait la scène sans mot dire. La présence de ce nain ne l'avait nullement choqué, si ce n'était par ses manières. Par contre, il avait été surpris de voir son arme : le drodarin portait un fusil de Bor, le genre d'objet que l'on ne trouvait qu'entre les mains des Artilleurs Nains, des individus fort prisés comme soldats ou mercenaires, et qui savaient généralement bien vendre leurs services.

À un moment, un homme en armure portant les armoiries du territoire, une chèvre blanche sur une étoffe rouge, se présenta dans l'auberge et remarqua aussitôt le nain. A la grande surprise du Seigneur Kaï, le chevalier invita l'Artilleur à un grand repas qui était donné au manoir de Dame Aleris, seigneuresse de ces terres. L'échange ne manqua pas de faire rire le gardien du Sommerlund, au cours duquel il apprit le nom du Drodarin. Celui-ci affirma fièrement s'appeler Mordrum Dur-de-la-Choppe, et il accepta évidemment l'invitation.
La présence de ce chevalier à l'étoffe rouge au milieu de la salle de la petite auberge mit en évidence quelque chose que le Seigneur Kaï n'avait pas remarqué tout de suite : les paysans alentours avaient tous le teint grisâtre, les traits tirés et le visage marqué par une morosité presque palpable. Pauvreté ? Dépression post-hivernale ? Maladie peut-être ? Ou simplement l'effet d'un appauvrissement de plus en plus lourd que les seigneurs faisaient peser sur leurs sujet ? Un fléau qui ne pouvait hélas pas être vaincu par les armes ou la diplomatie...

Puis, très vite, le Seigneur Kaï se leva car il estimait avoir passé assez de temps en ces lieux, et quitta l'auberge. Il fut très vite rattrapé par le chevalier qui avait reconnu sa cape verte, qui lui fit la même invitation. Faucon Errant, tel était som nom, accepta, bien qu'il ne sut pas trop pourquoi.

Le soir même, Mordrum et Faucon Errant se retrouvèrent dans la grande salle du banquet de Dame Aleris, une jeune femme à la blonde chevelure et au regard chargé d'arrogance, qui siégeait en bout de table, surplombée par un immense tableau d'elle-même.
Les invités, des nobles au visage enfarinés, semblaient venir des localités alentours. Ayant revêtu leurs plus beaux atours afin de s'impressionner mutuellement, ceux-ci passèrent la soirée à échanger d'affligeantes banalités, tenant parfois des propos méprisants envers les paysans grâce auxquels ils vivaient. Evidemment, cela mit le nain hors de lui. Incapable de tenir sa langue, il invectiva publiquement l'auteur de ces insultes au points que le silence s'installa dans la salle. C'est Dame Aleris qui mit fin à la querelle, assurant que nul ne voulait offenser ainsi le Nain. Le seul qui ne semblait pas de cet avis était Faucon Errant lui-même. En effet, le Seigneur Kaï, au-delà de sa réserve habituelle, semblait se gausser des manières et de l'hygiène du Drodarin, au point qu'il ne cessait de l'appeler Merdum Poque-du-Derche. En retour, le nain le baptisa Pigeon Pédant, et une querelle incessante sembla s'installer entre eux.
Bien entendu, les conversations revinrent à la normale suite à l'intervention de l'hôtesse des lieux.
Quoi qu'il en soit, s'il avait mangé un peu de viande et beaucoup de pommes-de-terre, cet échange lui avait littéralement coupé l'appétit. Curieusement, le Seigneur Kaï ne toucha que peu aux plats, préférant se nourir de graines que profiter du fastueux repas qui s'offrait à lui.

La soirée se poursuivit, entre les conversations vides de sens des nobles réunis et les questions dont ils pressaient les deux étrangers à la moindre occasion. Finalement, au milieu de la nuit, certaines personnes allèrent se coucher. Des serviteurs vinrent même indiquer à Mordrum et à Faucon Errant que leurs chambres les attendaient ─ à leur grande surprise d'ailleurs, car aucun d'entre eux ne s'attendait à dormir ici. Par contre, le nain refusa et préféra retourner à l'auberge, emportant avec lui une épaule de veau qu'il donna à Jekal pour ses clients.

Quant à lui, le Seigneur Kaï profita de l'invitation et alla se coucher dans la chambre à l'étage qui avait été mise à sa disposition.

La nuit qui suivit, par contre, ne fut pas de tout repos. En effet, ils furent saisis de terribles cauchemars, revivant la scène du banquet au travers d'un étrange voile de brume. Mais cette fois-ci, les invités étaient des monstres aux crocs acérés, et le tableau de la Dame était peint avec du sang. En outre, les plats étaient remplis de membres et d'organes humains... Tous deux s'éveillèrent en nage, tremblant sous l'effet de ces visions d'horreur. Sans attendre, ils rassemblèrent leurs affaires et quitta les lieux. De son côté, le nain croisa un paysan tirant son cheval, mais l'animal paniqua à l'approche de Mordrum... plus loin, divers animaux s'enfuirent à son approche, hurlant de terreur. Inquiet, le nain essaya de voir son reflet dans l'eau d'une auge, mais il n'y remarqua rien de notable. Faucon Errant le rejoignit à cet instant, et ils constatèrent qu'ils avaient fait le même cauchemar. Pire encore, celui-ci semblait avoir eu un effet sur eux, car les animaux les fuyaient ! Mais... cela faisait-il la même chose aux humains ? Ils se rendirent Chez Jekal où ils demandèrent à l'aubergiste s'il se sentait mal en leur présence. Mais celui-ci, s'il tenta de n'en rien laisser paraître, se trouva bel et bien mal à l'aise en leur présente. Le nain ne remarqua rien, mais le Seigneur Kaï ne fut pas dupe. Il attrapa Jekal par le col et le plaqua contre une table en réitérant la question, hurlant pour bien se faire comprendre : pourquoi avait-il peur d'eux ? Mais cette réaction le fit paniquer et crier de terreur qu'il l'ignorait lui-même. Il répéta par trois fois qu'il ne savait pas quoi leur répondre ; surpris lui-même par une telle réaction, Mordrum dégaina son fusil et le colla sous le menton du sommerlundois, qui ne se démonta pas. Il voulait savoir pourquoi Jekal avait peur d'eux. Il lui fallut quelques instants pour réaliser que l'aubergiste ne mentait pas, il ignorait réellement pourquoi il avait peur d'eux. Alors il le lâcha et quitta l'auberge.

Ils discutèrent longuement de ce qui leur était arrivé, et arrivèrent à la conclusion que, pour une raison ou une autre, ils avaient été maudits. Une malédiction pesait sur eux, qui avait un effet sur leur entourage. Il n'y avait là qu'une seule chose à faire : retourner au Manoir de Dame Aleris.

Les gardes, qui les reconnurent, les laissèrent entrer dans la cour du bâtiment, qu'ils purent alors observer à loisir. Outre le fournil à la disposition des paysans, ils remarquèrent une chapelle d'Ishir, accolée au Manoir. Mais ils furent saisi d'effroi en réalisant que malgré tous leurs efforts, ils ne pouvaient entrer dans son enceinte ! Alors ils toquèrent, et c'est un prêtre appelé Cham qui se présenta à eux. Comme Mordrum lui raconta directement ce qui leur arrivait, Cham accepta de leur parler et les emmena se promener dans les environs, loin des oreilles indiscrètes. Là, il leur raconta comment Dame Aléris, depuis bien des années, était devenue... différente. Quelque chose l'avait transformée. Depuis, elle faisait enlever les enfants du village et des environs, et nul ne les revoyait jamais. A ces mots, Mordrum, jusque là inquiet, se mortifia. Elle faisait enlever des enfants... pour en faire quoi ? Les images de son cauchemar remontèrent et il ne put s'empêcher d'avoir des visions cannibales. Horrifié, il lui demanda pourquoi les prêtres de sa chapelle n'avaient rien fait. Il exigea des explications. Mais Cham lui raconta que, bien des années plus tôt, les prêtres de la chapelle avait agi, bien décidé à brûler cette sorcière infanticide... mais le bûcher n'avait jamais pris. Le feu avait obstinément refusé de s'allumer ! Or, le prêtre responsable d'alors avait été assailli d'une vision, Talestria en ruines, des morts partout, des corbeaux dévorant les cadavres, etc. Il avait compris que si du mal devait être fait à Dame Aleris, les conséquences sur toute la nation pourraient être catastrophiques ! Alors les prêtres avait juré de ne jamais attenter à la sécurité de la Dame, protégeant par le fait la sécurité du royaume. Que valaient quelques vies contre toute une nation ? Cet échange mit le nain dans une colère noire, mais il voulut en savoir plus. Et apprit que Dame Aleris avait changé après que son époux lui eut offert un immense tableau d'elle-même.
Or, ce tableau se trouvait dans la salle de banquets...

Après avoir pris congé du prêtre d'Ishir, ils discutèrent de la marche à suivre. Il fut question de tuer Aleris malgré la prophétie annoncée, mais l'idée du tableau restait une option valable. En espérant que le tableau soit effectivement responsable dela maléfiction. Mais avant cela, ils s'arrêtèrent quelques instants dans la cour, s'asseyant dans un coin pour réfléchir. Faucon Errant en profita pour méditer. Il réalisa alors qu'il ne ressentait plus la présence de Kaï à ses côtés...
Très vite, les deux compères de fortune entrèrentdans le Manoir. Les gardes, qui les avaient déjà vu la veille, les laissèrent entrer. Ils montèrent à l'étage, jusque dans la salle des banquets que le cuisinier et ses commis étaient encore en train de ranger.
Et le tableau était là, surplombant toute la salle de son immensité. Or, ils eurent tout loisir de l'étudier, et constatèrent que la Dame y était représentée entourée d'archétypes de personnages, pauvres, riches, etc. Elle-même semblait respirer le bonheur et la générosité. Tout l'inverse de ce qu'elle était la veille, en somme. Ils repérèrent aussi la signature de son auteur : Noskel 4971. 4971... PL ? Ce tableau avait 30 ans ? Et qui était ce Noskel qui peignait des tableaux maudits ?
Après avoir attendu que la salle se vide des commis, ils versèrent de l'huile sur la toile et l'embrasèrent sans tarder. Enfin, ils s'enfuirent par un petit salon. Mais le feu s'embrasa très vite et l'alerte fut donnée. Il fallut échanger quelques coups avec un garde mais la fuite par une fenêtre leur fut salutaire.

Plus loin, dans les champs alentours, ils assistèrent à l'embrasement de tout le Manoir. Lorsque la voix de la Dame Aleris commença à hurler et que sa silhouette apparut à une fenêtre du dernier étage, Mordrum revint en courant. Il put seulement entendre dans ses paroles "Qu'ai-je fait ?" répété à maintes reprises, puis elle sauta dans le vide.

Le Seigneur Kaï et l'Artilleur de Bor ne pouvaient plus rien faire, ils quittèrent donc les lieux au plus vite.

Par la suite, ils réalisèrent que la malédiction avait bel et bien été levée. Mais à quel prix ? Le destin de Talestria devait-il sombrer à l'image de la prophétie ?...


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