[Chroniques] Nos aventures en Magnamund

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Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar MastaDaddy » 07-02-2018

Classe.

N'empêche, ça me fera rire à chaque fois.

Epona
Funky soul !

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Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar Chrysalid » 07-02-2018

Ouaip. Et Zipp le chien, non ?

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Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar MastaDaddy » 07-03-2018

Si, c'est vrai :D
Funky soul !

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Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar Chrysalid » 08-19-2018

La Lune Sanglante se lève : La Crypte des Suukons (18-août-18)
Héra et Lorelei

Le voyage les occupa deux jours, au cours desquels Héra et Lorelei se reposèrent tant bien que mal de leur dernière longue nuit de voyage. Bien que la Route des Morts soit très ancienne et passablement difficile à suivre, le cheval faisait tout le travail, laissant à ses deux occupantes le loisir de se reposer tant bien que mal. L'ambiance, néanmoins, les inquiétait de plus en plus. Nul insecte n'emplissait l'air de son vrombissement. Nul animal ne se faisait voir dans les buissons. Les lieux étaient déserts et silencieux, au point que les pas lourds d'Epona semblaient assourdissants.
Dans le courant de la matinée, leur attention fut attirée par la carcasse ensanglantée d'un animal sur le bas côté, dont le corps avait été si cruellement déchiqueté qu'il était impossible de déterminer à quelle espèce il appartenait. La suite de la journée ne leur fit aucune autre surprise.
Mais durant la nuit qui suivit, Lorelei fit un étrange rêve, peut-être un cauchemar, qui la réveilla le lendemain matin, avant le lever du soleil. Le seul souvenir qu'elle en conserva fut une impression d'étouffement, d'être enterrée vivante. Cela lui laissa un sentiment étrange pour le reste de la journée, comme si cela l'avait vidée de toute énergie. Elle ne prononça pas un mot durant le petit déjeuner, au grand étonnement de sa compagne d'aventure, et demeura maussade durant le reste du trajet.

Après quelques heures de route, ils furent agressés par un énorme ours noir à l’œil fou, dont les griffes étaient couvertes de sang, et dont le torse était percé d'une cruelle blessure. Redoutant de l'affronter, elles fuirent assez vite pour le distancer, puis firent un large détour pour éviter toute confrontation.

Au soir du liodag, elles atteignirent les contreforts de la montagne qu'elles commencèrent à fouiller. L'entrée de la crypte, d'après leurs informations, devait se trouver dans les environs. Elles mirent une bonne heure, voire même deux, à explorer la zone. Hélas, entre une chevaleresse versée dans l'étiquette et l'héraldique, et une sœur de l’Étoile de Cristal aux nombreuses connaissances théoriques, aucune n'était vraiment à son aise sur le terrain, et encore moins en pleine nature ! Elles parvinrent toutefois à découvrir l'entrée de la crypte, cachée sous une épaisse végétation, dont la porte de métal semblait avoir résisté à l'épreuve du temps. Héra la fit sauter d'un coup d'épaule, et toutes deux de découvrir une petite chambre funéraire, dont le sarcophage ne contenait que quelques reste poussiéreux. En étudiant les bas-reliefs, Lorelei put rapprocher les Suukons avec une caste d'êtres légendaires, les Majdar. Mais qu'étaient-ils venus faire ici, en Sommerlund ?
Déçue de ne rien trouver de plus, Héra poussa le sarcophage, ce qui révéla un escalier s'enfonçant dans les profondeurs. Emplies d'un espoir nouveau, elles laissèrent là leurs animaux et s'y engagèrent sans plus tarder.

Le couloir sombre, dans lequel dansèrent les ombres des deux aventurières, eut un étrange effet sur Lorelei qui, de plus en plus enfoncée dans une profonde dépression, décida de faire demi-tour. Elle s'assit sur une marche de l'escalier et commença à manger une ration. Héra, quant à elle, parvint à un couloir transversal où s'élevait une lourde porte de bronze finement décorée. Autour, sur les murs, des centaines d'anciens étaient représentés, les yeux argentés, et semblaient suivre la chevaleresse du regard.
Délaissant la lourde porte, qu'elle ne parvenait à ouvrir, elle s'engagea dans un autre couloir, avant d'être bientôt rejointe par Lorelei, toujours maussade. Dans une nouvelle chambre funéraire, elles furent attaquées par un mort-vivant à l'imposant sabre à deux mains. Peu désireuses de l'affronter, elles fuirent les lieux, et remontèrent jusque dans la première chambre ! Enfin, après une durée indéterminée, elles redescendirent pour constater que le gardien était parti – probablement avait il repris sa position d'origine.
Plus loin, un autre couloir les mena à une pièce large, dont les décorations représentaient une cité immense aux décorations d'un autre monde. Ici, 6 gardiens protégeaient une porte. Lorsque les deux envoyées du Sommerlund s'approchèrent, trois d'entre eux s'activèrent et tentèrent de les tuer, mais l'épée de Héra et les sorts de Lorelei eurent tôt fait de les détruire. Les trois autres gardiens restèrent figés, ou presque, quand bien même la chevaleresse décida de les détruire l'un après l'autre sans qu'ils ne se défendent aucunement.

Finalement, Lorelei et Héra arrivèrent dans une dernière chambre funéraire, dans laquelle elles trouvèrent un corps en poussière depuis des siècles, portant une armure et tenant contre lui un arc précieux. Or, en s'emparant de l'arme, la sœur de l’Étoile de Cristal sembla éprouver des remords à dépouiller cet antique chevalier. Hélas, en poussant le couvercle du sarcophage un peu trop loin, Héra le fit tomber, ce qui cassa certaines des curieuses fioles qui parsemaient le sol de la salle... et libérant par le fait un gaz toxique. Sans prendre le temps de fouiller plus avant, les deux exploratrices quittèrent les lieux en catastrophe.

Cet arc étrange, qui semblait témoigner d'une technologie et/ou d'une matière inconnue, devait absolument être ramené à la Guilde pour être expertisé. Et tout en remontant vers la surface, Héra répondit aux scrupules de son alliée en lui proposant de ramener l'arc à la crypte sitôt vaincu le Dogue des Tourments...

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Messagepar Chrysalid » 09-16-2018

La Lune Sanglante se lève : Dernier Sang (15-sept-18)
Lorelei et Héra

Lorsque Lorelei et Héra quittèrent la crypte des Suukons, elles remarquèrent à quel point le paysage autour d'elles était rouge. L’œil d'Ishir, qui les fixait depuis les hauteurs du ciel noir, diffusait une lumière de sang qui donnait aux terres alentours un aspect de fin du monde – c'était la dernière nuit de la Lune Sanglante. Cela était-il en rapport avec le Dogue ? Serait-il encore possible de le vaincre après cette nuit particulière ?

Avec l'arc en leur possession, les deux aventurières décidèrent de prendre immédiatement la route de Toran, afin de le ramener à la Guilde et de le faire expertiser. Hélas, peu après leur départ de la vallée encaissée, elles découvrirent des traces de passage récent, et des taches de sang ici et là : le Dogue était dans les parages... Plus elles avançaient, plus elles remarquaient des traces visibles. Finalement, elles tombèrent sur une clairière au centre de laquelle gisait un véritable charnier ! Des corps démembrés, des organes arrachés et d'effroyables quantités de sang leur firent comprendre que le monstre s'était servi pendant qu'elles exploraient la crypte. En outre, un drapeau du Sommerlund émergeait de cet écœurant amoncellement. Ni la magicienne ni la chevaleresse ne comprit ce que cette patrouille était venu faire ici, dans ces terres sauvages loin de toute civilisation. Autant par respect pour les morts que par appréhensions personnelles, elles décidèrent de les laisser où ils étaient sans y toucher et de reprendre la route sans délai.

Hélas, peu après, elles finirent par tomber dans une embuscade que leur avait tendu le démon, lorsqu'elles entendirent son hurlement résonner à quelques mètres seulement derrières elles... Échangeant des regards effrayés, elles comprirent qu'elles ne pourraient probablement jamais atteindre Toran. Car désormais, c'était elles que la bête traquait... Sans plus attendre, Lorelei lança un sort de Filet sur la créature, leur permettant de fuir au grand galop. Hélas, elles l'avaient déjà vu se libérer d'un tel sort quelques jours plus tôt, et savaient qu'il ne resterait pas empêtré très longtemps. Et en effet, après quelques minutes, le hurlement de la bête se fit à nouveau entendre. En désespoir de cause, elles essayèrent de manipuler l'arc trouvé dans la crypte, mais sans flèche, celui-ci s'avéra inutile...
Alors elles décidèrent de se séparer. La chevaleresse aida la magicienne à grimper dans un arbre où elle serait – à priori – en sécurité, puis elle-même sauta sur son fier destrier pour fuir à toute vitesse, toujours en direction de Toran. Lorsque le Dogue parut à l'horizon, la sœur de l’Étoile de Cristal lui décocha un éclair qui le fit crier de douleur, mais l'animal fut très vite de nouveau sur ses pattes pour prendre Héra en chasse à toute vitesse. En quelques instants, la magicienne se retrouva seule (presque seule, si l'on prend en compte son chien caché dans un fourré tout proche), à s'interroger sur les options qui s'offraient à elle.

Héra filait à toute vitesse, l'arc en bandoulière, espérant rejoindre Toran en quelques heures si elle poussait son cheval suffisamment fort. A un moment, elle sut qu'elle était prise en chasse par le chien de l'enfer mais, débarrassé du poids de Lorelei, Epona pouvait galoper à toute vitesse, aussi parvinrent-elles à distancer la bête... qui finit par abandonner, avant de revenir sur ses pas.

De son côté, Lorelei repensa au charnier, ne comprenant toujours pas ce que cette patrouille était venue faire là. Comme elle ne sentait plus la présence du monstre dans les parages, elle quitta son perchoir et tenta de retrouver la clairière ensanglantée. Elle y parvint au bout d'un petit moment en trébuchant sur les corps. Hélas, elle entendit bientôt le pas lourd de la bête qui était revenu pour elle, guidé par son odorat exceptionnel. Et bientôt, elle sentit presque le souffle rauque et brûlant de la bête s'approcher d'elle. Elle fut prise de panique et tenta de se cacher dans les cadavres, mais c'était peine perdue. Le monstre la retrouva facilement, et ne fit d'elle qu'une bouchée...

Après avoir chevauché toute la nuit, Héra se demanda si elle n'avait pas fait une erreur en laissant Lorelei derrière elle. La bête était partie et manifestement se trouvait loin de là. Alors la chevaleresse fit demi-tour et partit en quête de son amie. Après quelques heures de route, elle finit par revenir là où elle l'avait laissée, mais l'arbre était inoccupé. Elle continua à explorer les environs et finit par retrouver la clairière rouge, où elle retrouva avec tristesse le corps de son amie. La mort dans l'âme, elle la récupéra et la hissa sur la croupe de son cheval – et où était passé le chien de Lorelei ?

Enfin, elle reprit la route vers Toran. Et alors que les kilomètres défilaient et que le jour déclinait, elle finit peu à peu par comprendre qu'elle avait certainement fait une erreur en faisant demi-tour, car il devint très vite évident qu'elle n'était plus seule. En effet, des bruits ici et là lui firent comprendre qu'elle était prise en chasse. Et c'est sans surprise qu'elle vit apparaître le monstre sur son chemin, dès lors que la nuit tomba. L'innommable créature semblait plus vive et plus grosse qu'à leur précédente rencontre. Les étranges cristaux bleus avaient poussé et émettaient à présent une inquiétante lueur bleutée. Bien sûr, la chevaleresse tenta de se défendre tant bien que mal contre les violents assauts de la bête, mais celle-ci abattait ses défenses sans mal, et c'est sans mal qu'elle lui déchira les entrailles, malgré l'immense volonté de la guerrière...

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Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar Chrysalid » 01-19-2020

Tant de mets, tant de larmes...
Mordrum et Faucon Errant, maîtrisé par Chrysalid (18/01/20)

Jera 5001 PL

Le temps était clément, et le soleil envahissait peu à peu les contrées du Magnamund Septentrional. Dans les terres libres de Talestria, comme partout ailleurs, le monde avait repris vie tandis que le printemps s'était étendu sur les plaines et les collines. Du moins, presque partout.

C'était au soir d'Ishdag, le 17e jour du mois de Jera, dans le petit village d'Urtin. Ici, sur la frontière occidentale de Talestria, il n'était pas rare de croiser des nains Drodarin, originaires du royaume voisin de Bor. Et ce soir n'était pas différent. En effet, dans la grand'salle de l'auberge Chez Jekal, un nain mettait l'ambiance. À l'image de ses compatriotes, celui-ci parlait fort, réclamait qu'on remplisse sa chope en permanence, et il n'hésitait pas à chanter et à rire tout seul. Et curieusement, cela ne semblait pas déranger les autochtones de passage.

Depuis le fond de la salle, assis dans un coin d'ombre, un homme vêtu de la cape verte des Seigneurs Kaï observait la scène sans mot dire. La présence de ce nain ne l'avait nullement choqué, si ce n'était par ses manières. Par contre, il avait été surpris de voir son arme : le drodarin portait un fusil de Bor, le genre d'objet que l'on ne trouvait qu'entre les mains des Artilleurs Nains, des individus fort prisés comme soldats ou mercenaires, et qui savaient généralement bien vendre leurs services.

À un moment, un homme en armure portant les armoiries du territoire, une chèvre blanche sur une étoffe rouge, se présenta dans l'auberge et remarqua aussitôt le nain. A la grande surprise du Seigneur Kaï, le chevalier invita l'Artilleur à un grand repas qui était donné au manoir de Dame Aleris, seigneuresse de ces terres. L'échange ne manqua pas de faire rire le gardien du Sommerlund, au cours duquel il apprit le nom du Drodarin. Celui-ci affirma fièrement s'appeler Mordrum Dur-de-la-Choppe, et il accepta évidemment l'invitation.
La présence de ce chevalier à l'étoffe rouge au milieu de la salle de la petite auberge mit en évidence quelque chose que le Seigneur Kaï n'avait pas remarqué tout de suite : les paysans alentours avaient tous le teint grisâtre, les traits tirés et le visage marqué par une morosité presque palpable. Pauvreté ? Dépression post-hivernale ? Maladie peut-être ? Ou simplement l'effet d'un appauvrissement de plus en plus lourd que les seigneurs faisaient peser sur leurs sujet ? Un fléau qui ne pouvait hélas pas être vaincu par les armes ou la diplomatie...

Puis, très vite, le Seigneur Kaï se leva car il estimait avoir passé assez de temps en ces lieux, et quitta l'auberge. Il fut très vite rattrapé par le chevalier qui avait reconnu sa cape verte, qui lui fit la même invitation. Faucon Errant, tel était som nom, accepta, bien qu'il ne sut pas trop pourquoi.

Le soir même, Mordrum et Faucon Errant se retrouvèrent dans la grande salle du banquet de Dame Aleris, une jeune femme à la blonde chevelure et au regard chargé d'arrogance, qui siégeait en bout de table, surplombée par un immense tableau d'elle-même.
Les invités, des nobles au visage enfarinés, semblaient venir des localités alentours. Ayant revêtu leurs plus beaux atours afin de s'impressionner mutuellement, ceux-ci passèrent la soirée à échanger d'affligeantes banalités, tenant parfois des propos méprisants envers les paysans grâce auxquels ils vivaient. Evidemment, cela mit le nain hors de lui. Incapable de tenir sa langue, il invectiva publiquement l'auteur de ces insultes au points que le silence s'installa dans la salle. C'est Dame Aleris qui mit fin à la querelle, assurant que nul ne voulait offenser ainsi le Nain. Le seul qui ne semblait pas de cet avis était Faucon Errant lui-même. En effet, le Seigneur Kaï, au-delà de sa réserve habituelle, semblait se gausser des manières et de l'hygiène du Drodarin, au point qu'il ne cessait de l'appeler Merdum Poque-du-Derche. En retour, le nain le baptisa Pigeon Pédant, et une querelle incessante sembla s'installer entre eux.
Bien entendu, les conversations revinrent à la normale suite à l'intervention de l'hôtesse des lieux.
Quoi qu'il en soit, s'il avait mangé un peu de viande et beaucoup de pommes-de-terre, cet échange lui avait littéralement coupé l'appétit. Curieusement, le Seigneur Kaï ne toucha que peu aux plats, préférant se nourir de graines que profiter du fastueux repas qui s'offrait à lui.

La soirée se poursuivit, entre les conversations vides de sens des nobles réunis et les questions dont ils pressaient les deux étrangers à la moindre occasion. Finalement, au milieu de la nuit, certaines personnes allèrent se coucher. Des serviteurs vinrent même indiquer à Mordrum et à Faucon Errant que leurs chambres les attendaient ─ à leur grande surprise d'ailleurs, car aucun d'entre eux ne s'attendait à dormir ici. Par contre, le nain refusa et préféra retourner à l'auberge, emportant avec lui une épaule de veau qu'il donna à Jekal pour ses clients.

Quant à lui, le Seigneur Kaï profita de l'invitation et alla se coucher dans la chambre à l'étage qui avait été mise à sa disposition.

La nuit qui suivit, par contre, ne fut pas de tout repos. En effet, ils furent saisis de terribles cauchemars, revivant la scène du banquet au travers d'un étrange voile de brume. Mais cette fois-ci, les invités étaient des monstres aux crocs acérés, et le tableau de la Dame était peint avec du sang. En outre, les plats étaient remplis de membres et d'organes humains... Tous deux s'éveillèrent en nage, tremblant sous l'effet de ces visions d'horreur. Sans attendre, ils rassemblèrent leurs affaires et quitta les lieux. De son côté, le nain croisa un paysan tirant son cheval, mais l'animal paniqua à l'approche de Mordrum... plus loin, divers animaux s'enfuirent à son approche, hurlant de terreur. Inquiet, le nain essaya de voir son reflet dans l'eau d'une auge, mais il n'y remarqua rien de notable. Faucon Errant le rejoignit à cet instant, et ils constatèrent qu'ils avaient fait le même cauchemar. Pire encore, celui-ci semblait avoir eu un effet sur eux, car les animaux les fuyaient ! Mais... cela faisait-il la même chose aux humains ? Ils se rendirent Chez Jekal où ils demandèrent à l'aubergiste s'il se sentait mal en leur présence. Mais celui-ci, s'il tenta de n'en rien laisser paraître, se trouva bel et bien mal à l'aise en leur présente. Le nain ne remarqua rien, mais le Seigneur Kaï ne fut pas dupe. Il attrapa Jekal par le col et le plaqua contre une table en réitérant la question, hurlant pour bien se faire comprendre : pourquoi avait-il peur d'eux ? Mais cette réaction le fit paniquer et crier de terreur qu'il l'ignorait lui-même. Il répéta par trois fois qu'il ne savait pas quoi leur répondre ; surpris lui-même par une telle réaction, Mordrum dégaina son fusil et le colla sous le menton du sommerlundois, qui ne se démonta pas. Il voulait savoir pourquoi Jekal avait peur d'eux. Il lui fallut quelques instants pour réaliser que l'aubergiste ne mentait pas, il ignorait réellement pourquoi il avait peur d'eux. Alors il le lâcha et quitta l'auberge.

Ils discutèrent longuement de ce qui leur était arrivé, et arrivèrent à la conclusion que, pour une raison ou une autre, ils avaient été maudits. Une malédiction pesait sur eux, qui avait un effet sur leur entourage. Il n'y avait là qu'une seule chose à faire : retourner au Manoir de Dame Aleris.

Les gardes, qui les reconnurent, les laissèrent entrer dans la cour du bâtiment, qu'ils purent alors observer à loisir. Outre le fournil à la disposition des paysans, ils remarquèrent une chapelle d'Ishir, accolée au Manoir. Mais ils furent saisi d'effroi en réalisant que malgré tous leurs efforts, ils ne pouvaient entrer dans son enceinte ! Alors ils toquèrent, et c'est un prêtre appelé Cham qui se présenta à eux. Comme Mordrum lui raconta directement ce qui leur arrivait, Cham accepta de leur parler et les emmena se promener dans les environs, loin des oreilles indiscrètes. Là, il leur raconta comment Dame Aléris, depuis bien des années, était devenue... différente. Quelque chose l'avait transformée. Depuis, elle faisait enlever les enfants du village et des environs, et nul ne les revoyait jamais. A ces mots, Mordrum, jusque là inquiet, se mortifia. Elle faisait enlever des enfants... pour en faire quoi ? Les images de son cauchemar remontèrent et il ne put s'empêcher d'avoir des visions cannibales. Horrifié, il lui demanda pourquoi les prêtres de sa chapelle n'avaient rien fait. Il exigea des explications. Mais Cham lui raconta que, bien des années plus tôt, les prêtres de la chapelle avait agi, bien décidé à brûler cette sorcière infanticide... mais le bûcher n'avait jamais pris. Le feu avait obstinément refusé de s'allumer ! Or, le prêtre responsable d'alors avait été assailli d'une vision, Talestria en ruines, des morts partout, des corbeaux dévorant les cadavres, etc. Il avait compris que si du mal devait être fait à Dame Aleris, les conséquences sur toute la nation pourraient être catastrophiques ! Alors les prêtres avait juré de ne jamais attenter à la sécurité de la Dame, protégeant par le fait la sécurité du royaume. Que valaient quelques vies contre toute une nation ? Cet échange mit le nain dans une colère noire, mais il voulut en savoir plus. Et apprit que Dame Aleris avait changé après que son époux lui eut offert un immense tableau d'elle-même.
Or, ce tableau se trouvait dans la salle de banquets...

Après avoir pris congé du prêtre d'Ishir, ils discutèrent de la marche à suivre. Il fut question de tuer Aleris malgré la prophétie annoncée, mais l'idée du tableau restait une option valable. En espérant que le tableau soit effectivement responsable dela maléfiction. Mais avant cela, ils s'arrêtèrent quelques instants dans la cour, s'asseyant dans un coin pour réfléchir. Faucon Errant en profita pour méditer. Il réalisa alors qu'il ne ressentait plus la présence de Kaï à ses côtés...
Très vite, les deux compères de fortune entrèrentdans le Manoir. Les gardes, qui les avaient déjà vu la veille, les laissèrent entrer. Ils montèrent à l'étage, jusque dans la salle des banquets que le cuisinier et ses commis étaient encore en train de ranger.
Et le tableau était là, surplombant toute la salle de son immensité. Or, ils eurent tout loisir de l'étudier, et constatèrent que la Dame y était représentée entourée d'archétypes de personnages, pauvres, riches, etc. Elle-même semblait respirer le bonheur et la générosité. Tout l'inverse de ce qu'elle était la veille, en somme. Ils repérèrent aussi la signature de son auteur : Noskel 4971. 4971... PL ? Ce tableau avait 30 ans ? Et qui était ce Noskel qui peignait des tableaux maudits ?
Après avoir attendu que la salle se vide des commis, ils versèrent de l'huile sur la toile et l'embrasèrent sans tarder. Enfin, ils s'enfuirent par un petit salon. Mais le feu s'embrasa très vite et l'alerte fut donnée. Il fallut échanger quelques coups avec un garde mais la fuite par une fenêtre leur fut salutaire.

Plus loin, dans les champs alentours, ils assistèrent à l'embrasement de tout le Manoir. Lorsque la voix de la Dame Aleris commença à hurler et que sa silhouette apparut à une fenêtre du dernier étage, Mordrum revint en courant. Il put seulement entendre dans ses paroles "Qu'ai-je fait ?" répété à maintes reprises, puis elle sauta dans le vide.

Le Seigneur Kaï et l'Artilleur de Bor ne pouvaient plus rien faire, ils quittèrent donc les lieux au plus vite.

Par la suite, ils réalisèrent que la malédiction avait bel et bien été levée. Mais à quel prix ? Le destin de Talestria devait-il sombrer à l'image de la prophétie ?...

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Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar Chrysalid » 02-03-2020

Ne noyez pas mon cognac ! - adapté depuis un scénario pour Warhammer issu du Casus Belli (v1) #88
Mordrum, maîtrisé par Chrysalid (01/02/20)

Jera, 5001 PL


Au lendemain de sa dernière aventure, le nain Mordrum Dur-de-la-Choppe avait quitté le Seigneur Kaï – avec un certain soulagement, il fallait avouer – sans pour autant réussir à se débarrasser des images traumatisantes de son séjour à Urtin. Il passa ainsi plusieurs jours à l'arrière des chariots de paysans qui acceptèrent de l'emmener avec eux. Et peu à peu, il approcha des Tentarias, cette immense faille qui séparait le continent en deux parties.
Gloave, Kadorp, Ilna... les villages s'enchaînaient sans que le nain se demande véritablement où il se rendait. Puis un jour, il fut sorti de sa torpeur par des cris provenant des bois tout proches. "À l'aide !" criait-on. Aussitôt, Mordrum demanda à son chauffeur de s'arrêter. Le paysan tira les rênes et se tourna vers son passager, lui expliquant qu'il ne pouvait trop attendre. De plus, il lui déconseilla de se rendre dans ces bois car l'aubergiste à Ilna avait évoqué la présence de brigands dans les environs. En effet, le nain se souvint d'avoir entendu cela la veille. Mais cela importait peu, il devait savoir qui appelait ainsi. Il descendit du chariot et s'enfonça dans les bois, le fusil chargé. Il tomba alors sur un homme attaché à un arbre. Bienportant, celui-ci avait les vêtements abîmés et il semblait avoir subi quelque agression. En voyant le nain approcher, l'inconnu le supplia de le libérer, car il avait été attaqué par des maladrins qui l'avaient dépouillé jusqu'au dernier sou. Comprenant qu'il ne risquait pas grand chose avec ce personnage, Mordrum le libéra d'un coup de hache et le ramena jusqu'à la route, où tous deux grimpèrent à bord du chariot. L'inconnu s'appelait Grotius et il était drapier à Garthen. Hélas, il n'avait plus le moindre argent sur lui, et en appela à la pitié du nain pour l'aider à rejoindre la capitale de Talestria, où il pourrait le rembourser jusqu'à la dernière pièce, et même plus encore.
Le soir-même, les voyageurs arrivèrent à Porila, situé sur les rives du détroit du même nom, dans le prolongement de la rivière Swarle. Là, dans une auberge de moyenne tenue, Mordrum eut bien du mal à payer repas et chambre pour deux personnes, mais l'idée d'une récompense substancielle suffit à le faire plier.
Dans les jours qui suivirent, ils passèrent par Ramsdor, qui leur permit de passer sur l'autre rive, puis par Hengharn, Harzan, Lohsor et enfin Garthen, grande ville de pierre entourée par les détroits d'Astra et d'Edye, qu'ils atteignirent au soir du kaidag. Cet endroit regorgrait de populace et de commerces. Les mouettes volaient au-dessus des toîts et les marins allaient et venaient en tous sens. À la surprise du nain, Grotius l'emmena à l'auberge du Lion Borgne où il le présenta au patron, un certain Rijn Van Aarpen, au physique maigre et à la barbe drue. À sa grande surprise, celui-ci lui donna les clés de sa meilleure chambre où il pourrait se reposer de ce long trajet.

Après une nuit irréprochable, Mordrum eut enfin le loisir de rencontrer le 'vrai' Grotius. Vêtu d'une riche robe bleue rehaussée de broderies de fil d'or, le riche négociant venait rembourser le nain de toute ses dettes du trajet, plus une allonge de 200 lunes. En outre, le marchand proposa à l'artilleur une nouvelle mission, si celui-ci souhaitait gagner un peu d'argent. Il s'agissait de retrouver l'un de ses amis, un magicien du nom de Carlsen, qui semblait avoir disparu depuis quelques jours. Ainsi armé de trois adresses, le nain commença à arpenter la ville en long et en large à la recherche de ce magicien. De prime abord, il alla voir à son adresse où il fut accueilli avec agressivité par une logeuse alcoolique qui lui répondit que non, elle n'avait pas vu Grotius depuis près de 2 semaines et qu'elle en avait marre que tout le monde vienne l'interroger à ce sujet. Pensant qu'il ne pourrait rien apprendre de plus, il se dirigea vers l'académie de magie où il rencontra un sous-secrétaire adjoint tout aussi désagréable que la logeuse. Celui-ci lui confirma que Carlsen avait disparu et lui apprit en outre qu'il avait deux ans d'impayés de cotisation. Cette remarque surprit Mordrum qui ne comprenait pas le concept de "cotisation", une taxe qui semblait consister à faire payer du vide.Ceci dit, le sous-secrétaire lui apprit aussi que Carlsen n'était nullement magicien mais herboriste, ce qui était sensiblement différent. Hélas, il ignorait où se trouvait le disparu.
A l'auberge des Loups de Mer, un bouge infâme regorgeant des pires ivrognes de la ville, la subtilité naturelle du nain faillit provoquer une bagarre de taverne mais il parvint à éviter les blessures inutiles en y mettant un terme rapidement. Hélas, entre les injures et les blagues grasses, il comprit que personne ne pouvait le renseigner sur l'emplacement actuel de l'herboriste.
De retour à la guilde de magie, il insista assez pour que le sous-secrétaire évoque le seul ami de Carlsen dont il avait connaissance, un certain Varkaï, mage à la réputation douteuse et à l'accent prononcé. Mais cette nouvelle rencontre se révéla moins infructueuse que les précédentes. D'une part, le fameux Varkaï était plutôt sympathique et sembla réellement attristé d'apprendre la disparition de son ami, et d'autre part il n'était pas véritablement mage mais plutôt voyant. Et cette capacité lui permit d'interroger sa boule de cristal pour tenter de localiser Carlsen. Il vit alors comment l'herboriste avait été enlevé par des hommes quelques jours plus tôt, qui l'avaient séquestré dans les sous-sols de ce qui semblait être une taverne. En constatant ce don de voyange, le nain se dit qu'il pourrait peut-être en avoir besoin pour une autre affaire...
Alors il retourna à son adresse, où il demanda à sa logeuse de lui laisser accès à l'appartement de Carlsen. Il y passa toute l'après-midi à la recherche de la moindre information qui pourrait l'aider. Finalement, après avoir passé des heures entières à fouiller ses bocaux, ses papiers et ses affaires personnelles, il finit par repérer une mention griffonnée au coin d'une feuille, où il était question d'une affaire avec l'auberge du Naufragé Heureux...

Le soir-même, Mordrum avait trouvé l'auberge en question. Entourée de bâtiments, elle donnait directement sur la rivière Trusk, ce qui pouvait donner des idées au nain. La nuit était bien avancée, il y entra et mangea, but et but encore. Les heures passant, la clientèle se fit de plus en plus rare. Enfin, au beau milieu de la nuit, le nain entama avec le patron une discussion au cours de laquelle il vanta ses mérites de mercenaires capable de remplir toutes sortes de tâches contre monnaie sonnante et trébuchante, comme par exemple attraper des mauvais payeurs, accomplir des missions de confiance ou encore enfermer des fripouilles dans les caves, etc. Sans rien répondre, ledit patron se détourna et retourna à son comptoir, aussitôt suivi par le nain qui mit la main sur son fusil. L'aubergiste fit un signe à un homme attablé au fond, qui se leva d'un bond en dégainant son épée. Presque sans se retourner, Mordrum l'abbattit et revint vers l'aubergiste, paniqué. Celui-ci alors lui avoua avoir enfermé Carlsen dans la cave, puis il s'enfuit.
Les sous-sols humides du Naufragé Heureux n'étaient pas bien grands, et l'artilleur dut tirer sur un second garde – qui avoua ne pas être assez payé pour risquer la mort dans un tel travail. Blessé à l'épaule, celui-ci s'enfuit à son tour. Et c'est là que reposait Carlsen, enfermé dans une salle humide avec pour seule source de lumière une petite fenêtre horizontale trop haute pour être atteindre. Ensemble, tous deux quittèrent les lieux sans être inquiétés le moins du monde.

Le lendemain, liodag le 27e jour du mois, un conseil se tint à l'auberge du Lion Borgne entre Grotius, Van Aarpen et Carlsen, auquel fut convié Mordrum. Les trois compères avouèrent au nain qu'ils étaient sur un projet d'importance : il s'agissait de récupérer un trésor contenu au fond d'un navire qui avait coulé à quelque distance de Garthen. Hélas, leurs concurrents se trouvaient déjà sur place depuis plusieurs jours, aussi n'avaient-ils pas de temps à perdre. Et le nain fut consterné lorsqu'ils lui demandèrent de plonger ! Oui, il était le seul homme sur lequel ils avaient pu mettre la main dans un temps aussi court – si seulement Grotius n'était pas tombé dans une embuscade... Mordrum, qui n'aimait pas l'eau, refusa tout net. Il refusa d'autant plus qu'ils lui proposèrent 5% du trésor récupéré. Il parvint à négocier 10%. Finalement, lorsqu'il comprit que nul membre de l'équipage ne descendrait avec lui et qu'il serait seul à faire la descente, il réussit à négocier 15%.

Un navire fut affrêté et tout le monde partit vers l'horizon. Le lendemain dans la journée, ils arrivèrent en vue du bateau des concurrents. Carlsen s'esclaffa en constatant que ceux-ci utilisaient une cloche pour faire descendre leurs récupérateurs. Lui, en bon herboriste, donna à Mordrum un peu de sabito, une plante sêchée et réduite en poudre qui, une fois ingérée sous la forme de pilule bleue, lui permettrait de respirer sous l'eau. C'est à ce moment-là que le nain choisit de leur avouer, avec un immense sourire, qu'il ne savait pas nager. Le capitaine Van Aarpen le traita de marin d'eau douce et vint l'équiper de gueuses de plomb, des pièces de métail dont il se séparerait lorsqu'il devrait remonter. Dans l'intervalle, Grotius avait étudié leurs concurrents, et réalisé que ceux-ci venaient seulement de commencer leur récupération malgré leur avance – il était fort probable qu'ils aient passé quelques jours à localiser l'épave.

Puis le nain plongea, se concentrant sur ses 15%, seule et unique raison de sa descente. Il vit le navire brisé au fond de l'eau. La cloche des plongeurs s'était posée sur la moitié arrière. Le nain approcha de la brèche et vit de nombreux tonneaux et tout autant de caisses entassées. Et un plongeur vint en récupérer une et la remonta jusqu'à sa cloche de métal. Avec un sourire, Mordrum alla couper la corde afin qu'ils soient coincés au fond, puis il se rendit dans la soute à son tour pour attacher des bouées de liège aux tonneaux et en faire remonter autant que possible. Il dut affronter un calamar qui y avait élu domicile, mais celui-ci, dès sa première blessure, éjecta un nuage d'encre opaque et profita de la confusion du nain pour disparaître.
La voie était libre désormais, le nain récupéra alors le maximum de tonneaux et de caisses qu'il put, avant de retourner auprès de la cloche de métal pour aider ses occupants à rattacher leur corde ; après tout, il ne leur voulait aucun mal. Il voulait juste les caisses.

Lorsqu'il remonta, il constata que les deux navires s'était considérablement rapprochés. Il eut juste le temps de grimper à bord lorsque les deux bâtiment s'entrechoquèrent, et les marins des deux camps se jettèrent violemment l'un sur l'autre, sabre au clair ! De son côté, le nain dut abbattre un adversaire qui se jettait sur lui avant de s'enfuir dans les coursives, mais il finit par recevoir une blessure qui lui fit perdre conscience pour le compte...
Lorsqu'il revint à lui, le combat était terminé. Carlsen venait de lui administrer un peu de laumspur pour le remettre sur pied; Il lui apprit que les hostilités avaient pris fin lorsque les responsables des deux camps avaient décidé de négocier plutôt que de s'entretuer. Et en effet, Grotius se trouvait actuellement sur le bâtiment adverse, conversant tranquillement avec le capitaire nain.

C'est à ce moment que Mordrum apprit l'impensable : toutes les caisses et tonneaux ne contenaient que des alcools, vins et autres spiritueux en tous genres... mais qu'allait-il faire, lui qui voyageait, des caisses et tonneaux qu'il avait gagné dans l'entreprise ? Avec colère, il fit comprendre à ses employeurs qu'il exigeait la valeur de cet alcool en pièces sonnantes et trébuchantes, et rien d'autre ! Il réclama 1000 lunes pour son travail ! Fut-il entendu ? Ses revendications furent-elles respectées? Cela est une autre histoire...

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Messagepar Chrysalid » 02-09-2020

Le Chevalier Maudit
Chat Silencieux et Tobiah (08-fév-20)

Ansus, 5000 PL


Alors que l'été prenait fin dans le royaume de Sommerlund, le Seigneur Kaï Chat Silencieux, jeune novice du fameux Monastère, arrivait aux frontières de la petite ville de Chamblay, dans les vastes prairies des Marches du Sud. Alentours, des champs de blé s'étendaient à perte de vue.
Peu avant midi, il parvint à l'auberge de la Choppe qui Flotte où il rencontra son contact, un riche notable appartenant à la famille de Chamblay qui possédait ces terres. L'homme lui raconta que depuis peu, les paysans qui s'occupaient des champs à l'ouest avaient repéré quelques glocks errants. Il n'y en avait jamais plus de 2 ou 3 ensemble, mais leurs apparitions répétées avaient tendance à les rendre nerveux – outre le fait qu'une ingérence des Maître des Ténèbres dans une région aussi centrale était passablement inquiétante. Quoiqu'il en soit, il fallait enquêter, et agir. D'après les premières observations, il devaient s'être établis aux alentours du Pic de la Haute Tour.
Lorsque le Seigneur de Chamblay le quitta, le jeune Seigneur Kaï fut abordé par un homme étrange, portant une robe longue à la façon des magiciens, mais il ne ressemblait en rien aux membres de la Confrérie de l'Étoile de Cristal. Celui-ci se présenta sous le nom de Tobiah, Magicien du Dessi en voyage actuellement dans le Sommerlund. Que faisait-il dans la région, si loin de chez lui ? La seule chose qu'il avoua est que c'est son intuition qui l'avait poussé à venir se présenter à lui afin de lui apporter son aide. De prime abord, Chat Silencieux le dévisagea sans rien répondre. Le nouveau venu avait les traits d'une grande élégance, le teint mat, et ses longs cheveux noirs lui donnaient un air sombre qui ne devaient sans doute pas laisser les dames indifférentes. Lorsqu'enfin il prit la parole, ce fut pour lui demander quelle était son expérience du terrain, mais celle-ci était quasiment nulle. Tobiah lui avoua même être plus versé dans les Arts Anciens de la Prophétie plutôt que dans ceux du combat. Le jeune Seigneur Kaï accepta que celui-ci l'accompagne, pour peu qu'il reste prudent. Car affronter des glocks tout en protégeant un jeune sans expérience pourrait s'avérer plus dangereux que providentiel. Lorsque Chat Silencieux prononça le mot "jeune", Tobiah lui annonça qu'il avait en réalité 72 ans. Surpris, son interlocuteur se souvint que les Magiciens du Dessi étaient les descendants des Mages Anciens, et que la magie coulait dans leurs veines à l'état presque brut. Aussi leur anatomie s'en trouvait-elle affecté, de même que leur vieillissement. En outre, Tobiah avait l'intuition qu'il serait plus qu'utile pour cette mission.

Après avoir pris un repas aux frais du Seigneur de Chamblay, les deux compagnons quittèrent la ville en traversant les champs à l'ouest. Ils marchèrent longuement à travers bois, longeant une vaste zone de tumulus témoignant d'une ancienne bataille, jusqu'à ce que les collines ralentissent leur marche, puis les sentiers rocailleux qui menaient vers les hauteurs montagneuses.
Peu à peu, le ciel s'était chargé de lourds nuages noirs, et une tempête semblait même s'approcher depuis l'autre versant. Puis le vent se manifesta, puis la pluis commença à tomber. Et à mesure que le soir progressait, le temps se faisait plus violent, au point même que la pluie fit place à la grèle. Déçus de devoir s'arrêter si près du but, les deux compères se réfugièrent dans une anfractuosité trouvée au hasard, et durent même s'enfoncer dans l'ombre alors que le vent et la grèle envahissaient de plus en plus la caverne.

Puis le destin sembla s'en mêler, car ils arrivèrent au fond de la grotte, qui n'était autre... qu'une porte de pierre. Aucun motif ne la couvrait, ni aucune mention permettant de savoir à quoi ils avaient à faire, mais il s'agissait de toute évidence d'une lourde porte de pierre fabriquée de main d'homme dans un lointain passé.
Ils la poussèrent ensemble et accédèrent à une salle avec trois portes, tout aussi manufacturées que l'entrée, mais ne portant toujours aucune mention ni moindre bas-relief.
Puis un violent coup de tonnerre fit vibrer toute la montagne au point que les 3 portes de pierre se fracassèrent au sol. A peine remis de leur surprise, les deux explorateurs virent une nuée de rats s'échapper des profondeurs du couloir central pour fuir par l'entrée – à part quatre rats plus gros qui décidèrent de s'attaquer aux deux intrus. À leur grande surprise, le Seigneur Kaï ne réussit à tuer qu'une seul de son épée tandis que son compère du Dessi en tua 3 avec son bâton.

Le couloir de gauche les mena à un caveau occupé par un unique sarcophage. Mais à leur grande surprise, son occupant se leva en un grincement et vint agresser les intrus. Chat Silencieux se vit obligé de le réduire au silence éternel avec sa fidèle épée.
Le couloir de gauche donna sur une salle occupée par un coffre unique, qui s'avéra piégé. Malgré ses précautions, Chat Silencieux ne put éviter qu'une aiguille ne vienne se planter dans sa chair. Fort heureusement, le poison, si poison il y avait eu, s'avéra inactif. Depuis combien de temps cette installation existait-elle ? Le coffre renfermait quelques richesses dont les aventuriers s'emparèrent.
Finalement, ils se rendirent dans le couloir central qui les mena à une pièce un peu plus grande comportant des tables et des instruments en tous genres qu'ils ne purent identifier, ainsi qu'une corde tombant du plafond. C'est alors que 3 glocks firent leur apparition ! Aussitôt, Chat Silencieux vint faire rempart de son corps pour protéger le Magicien, alors même que celui-ci sortait son arc pour lui prêter main forte. Le combat fut bref, et l'échange de coups tapissa les murs de sang. Un glock tomba sous les coups des deux explorateurs, puis un second. Lorsque le 3e rendit l'âme à son tour, l'épée à travers le gosier, le Seigneur Kaï dut déplorer de nombreuses blessures, et il se serait volontiers soigné s'il avait choisi la Discipline appropriée.
Dans la salle suivante, ils durent affronter une énorme araignée qui en avait envahi tout l'espace de ses toiles. Étonnamment, le Seigneur Kaï réussit à la tuer d'un coup d'un seul. Dans son antre, ils repérèrent quelques cadavres entoilés manifestement depuis longtemps.
Finalement, dans la dernière salle, ils trouvèrent un chevalier en armure allongé sur une table de pierre. Avec surprise, ils le virent s'asseoir et venir sur eux, armes en mains. Mais celui-ci, manifestement mort et embaumé depuis très longtemps, portait l'armure d'un chevalier du Sommerlund. Bien que mort, cela n'en faisait pas un ennemi ! Pourquoi les attaquait-il ? Que lui avaient fait les glocks ? En étudiant brièvement les motifs apparaissant sur son armure, Chat silencieux comprit qu'il s'agissait d'un chevalier ayant jadis participé à une ancienne bataille contre l'envahisseur vassagonien, quelques 600 ans plus tôt. Il leva alors une main impérieuse et lui ordonna de baisser ses armes car la bataille était depuis longtemps terminée, et surtout parce qu'ils n'étaient pas ennemis ! Mais le mort continuait d'avancer lentement, une lance dans une main, et une étoile du matin ébrêchée dans l'autre. Et, curieusement, il tentait toujours de frapper de son arme abîmée sans y parvenir vraiment, comme s'il résistait à une volonté extérieure à la sienne qui lui imposait de les attaquer. Alors Chat Silencieux et Tobiah comprirent : le chevalier voulait être abbatu, unique moyen de le débarrasser de la malédiction qui lui avait été imposée. Hélas, c'était trop tard, car sa dernière attaque frappa violemment le Seigneur Kaï contre son bouclier avec une force telle qu'il le projeta contre un mur – le jeune homme à la cape verte sombre dans l'inconscience.
De son côté, le Magicien du Dessi commença à le canarder de ses flèches tout en reculant, jusqu'à ce qu'il ne parvienne à l'abattre enfin. Le corps maudit tomba en une longue plainte qui ressembla à un soulagement...

Enfin, Tobiah vint prodiguer quelques soins à son compagnon d'aventure puis, tandis que ce dernier se reposait, il entreprit d'explorer le reste des lieux. En retournant dans la pièce centrale, il grimpa le long de la corde pour arriver en surface, dans les ruines d'une ancienne tour, probablement la fameuse Haute Tour, qui avait selon toute probabilité le même âge que l'intallation souterraine. Ici, il trouva les restes d'un campement glock, mais aucune trace d'un autre ennemi en vue. Il y avait fort à parier que les trois ennemis tués plus tôt étaient les seuls ayant osé venir si loin dans le Sommerlund, la menace était donc bien écartée. Enfin, il redescendit et prit quelque repos aux côtés de son compagnon, qui finalement reprit conscience après quelques heures d'un repos bien mérité.

Lorsque tous deux quittèrent les lieux, le Seigneur Kaï dut bien admettre que la présence à ses côtés de Tobiah, mené par sa seule intuition, s'était avérée absolument nécessaire dans la résolution de cette affaire...

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Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar Floribur » 02-10-2020

Ca me donne envie de rejouer, comme souvent quand je te lis !

Chrysalid a écrit :Ils marchèrent longuement à travers bois, longeant une vaste zone de tumulus témoignant d'une ancienne bataille, jusqu'à ce que les collines ralentissent leur marche, puis les sentiers rocailleux qui menaient vers les hauteurs montagneuses.
Cool ce genre de petits détails ! ;)

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Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar Chrysalid » 02-10-2020

Floribur a écrit :Ca me donne envie de rejouer, comme souvent quand je te lis !

Chrysalid a écrit :Ils marchèrent longuement à travers bois, longeant une vaste zone de tumulus témoignant d'une ancienne bataille, jusqu'à ce que les collines ralentissent leur marche, puis les sentiers rocailleux qui menaient vers les hauteurs montagneuses.
Cool ce genre de petits détails ! ;)

Merci merci ^^

Pour la petite histoire, mon équipe comporte essentiellement deux joueuses (dont ma chérie). Elles participaient depuis le début, jusqu'à la mort de leurs personnages Héra et Lorelei, comme tu as pu certainement le lire. On a repris récemment la saga où elles incarnent cette fois-ci Mordrum et Tobiah.
La dernière aventure, Le Chevalier Maudit, c'est ma chérie qui nous l'a maîtrisée - c'est sa première incursion dans ce monde comme MJ, où elle a adapté un scénar D&D en piochant quelques éléments dans le cadre du Sommerlund. Mais c'est un monde qu'elle connaît mal alors on discutait régulièrement pendant la partie des éléments de contexte.
Les petits détails dont tu fais référence, c'est moi qui les ai ajoutés en écrivant le résumé de l'aventure au lendemain de la séance de jeu, et c'est même TOI qui m'a parlé des Hauts Tumulus dans le post "Wheaton" (j'en ignorais l'existence auparavant). Je rajoute souvent ce genre de détails pour améliorer la connexion d'une aventure avec son contexte original. Ça ne contredit pas la séance de jeu, et ça peut améliorer ma connaissance du monde (ainsi que celle des joueurs qui relisent leurs aventures). C'est pour ça que je viens parfois vous embêter avec mes questions :D


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