[Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Loup Solitaire et Astre d’Or
Avatar du membre
Floribur
Président
Messages : 2726
Enregistré le : 10-29-2009
Contact :

Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar Floribur » 02-12-2020

Non mais j'avais reconnu, c'est justement pour ça que je citais. ;)

Et tu fais très bien d'ajouter ainsi, par petites touches, un peu de matière, d'épaisseur, au cadre du jeu. Ca contribue à l'immersion.

Avatar du membre
Chrysalid
Amanuensis
Messages : 260
Enregistré le : 10-04-2010
Localisation : Metz, France, Terre
Contact :

Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar Chrysalid » 02-16-2020

Nouvel épisode dans les aventures de Mordrum Dur-de-la-Choppe, un scénario de Fantasy générique issu d'un Casus Belli v1 (originellement destiné à GURPS).

Les regrets du comte Arnulf
Mordrum, maîtrisé par Chrysalid (15/02/20)

Hagalas, 5001 PL • 11 jours


Après avoir navigué pendant près d'une semaine à bord de l'Abondance, un navire marchand voguant vers le nord, le nain Mordrum fit escale à un minuscule port de pèche situé sur la rivière Phoen et appartenant au domaine de Sharr. Bien que situé sur les terres de Talestria, l'endroit était frontalier avec le Palmyrion et l'Eldenora. Ici, le nain ne vit que des marins aller et venir pour décharger caisses et tonneaux. Heureux d'enfin quitter le bateau, il partit en quête d'une taverne où se changer les idées et interroger les autochtones sur la suite de sa route. En effet, Mordrum s'était rendu ici suite aux prédictions que lui avaient faites Varkaï, le voyant de Garthen, qui lui avait conseillé de se rendre au nord, "à la frontière des trois terres", s'il souhaitait retrouver Noskel, le mystérieux peintre qui avait réalisé le tableau à l'origine de la chute de la Maison Aleris, à Urtin. Malgré cela, il se demandait s'il avait vraiment envie de retrouver ce personnage étant donné les horreurs dont il avait été responsable... Néanmoins, la question ne se posait guère, car Noskel ou pas, Mordrum devait se rendre vers le nord de toutes façons...

Dans la taverne du Poisson Grincheux, le tavernier lui raconta que Galtin n'était qu'un site de passage et de stockage, et qu'il pourrait avoir toutes les informations dont il avait besoin en se rendant à Kerlin, chef-lieu de Sharr à quelques kilomètres de là. Alors le nain s'exécuta, et il monta la colline qui le mena à un petit village assez morne, dont les habitants lui parurent faibles et mal nourris, mêlés à une population de soldats marqués par une profonde inquiétude. Bien entendu, il voulut en savoir plus dès lors qu'il trouva l'auberge locale, le Loup Pendu. Là, quelques soldats lui racontèrent qu'ils venaient de terminer une longue bataille contre l'envahisseur de la cité d'Ogia, les terribles esclavagistes du nord qui s'en prenaient souvent aux régions environnantes. Cela faisait pas moins de 8 ans que le conflit avait commencé, les soldats rêvant de rentrer chez eux pour retrouver leurs familles.

Et soudain, un homme particulièrement voyant fit son apparition au beau milieu de la morosité ambiante. Vêtu d'un costume coloré taillé sur mesure, portant cheveux longs et bouc taillé au millimètre, l'individu était manifestement un nobliau bien connu des habitants qui s'écartaient sur son passage. Le personnage était précédé par une jeune fille qui n'avait pas 20 ans, et avec qui il venait de partager un moment de grande intimité d'après leurs attitudes. En outre, le nain remarqua qu'elle devait certainement être enceinte. Le nobliau quitta les lieux à grandes enjambées. Mordrum interrogea les soldats qui lui racontèrent que Conrad était son nom, et qu'il fréquentait souvent Lucinda, la fille de l'aubergiste, qui vendait ses charmes à qui en voulait. Et Conrad était l'un de ses clients les plus réguliers ; bien sûr, l'enfant qu'elle portait était certainement le sien. Mordrum découvrait peu à peu les mœurs des humains, et il en éprouvait une répulsion grandissante.

Finalement, il prit une chambre et alla s'installer en espérant profiter d'une bonne nuit loin de tout. Hélas, il fut réveillé au bout de quelques heures par les cris de jouissance de Lucinda et Conrad, depuis la chambre voisine, ne manquaient pas de discrétion. Le nain frappa violemment contre le mur en leur intimant l'ordre de se calmer.

Le lendemain, au matin d'Urkadag, le 6e jour du mois d'Hagalas, Mordrum fut abordé par le fameux Conrad qu'il haïssait déjà. Le nobliau et lui échangèrent sur les mœurs des humains et sur la fille de l'aubergiste, mais Conrad n'en avait cure. Il semblait avoir d'autres préoccupations que cette péronnelle, et même l'état de santé des paysans de Sharr ne lui posait pas de problème particulier, alors que lui-même semblait bien nourri et en parfaite santé. Non, en réalité, il était venu voir le nain pour lui demander son aide. En effet, son oncle le Comte Arnulf était mourant et, ayant perdu tous ses fils lors des batailles de ces dernières années, il désirait grandement retrouver sa fille Aliénor, 14 ans à l'époque, qu'il avait lui-même bannie du domaine 20 ans plus tôt car elle avait fauté avec un palefrenier. Or, il ignorait ce qu'était devenue la jeune fille depuis lors. Ne voulant pas que les choses se sachent, il serait providentiel que Mordrum, parfaitement étranger à la région, mène les recherches. Le nain parvint à négocier en échange de son aide un droit de chasser sur les terres du domaine, afin de fournir un peu de viande aux habitants qui n'avaient vraiment pas bonne mine – sans compter que l'aubergiste semblait ne plus avoir beaucoup de réserves, probablement une conséquence directe de la guerre qui avait fait rage un peu plus au nord. Ainsi fut-il décidé. Néanmoins, le nain se demanda ce que le fameux Conrad pouvait bien gagner dans cette affaire... Le personnage lui semblait parfois assez peu crédible... Serait-il intéressé par le titre de Comte lorsque le moment serait venu ?

Suivant les instructions, Mordrum descendit jusqu'à la ferme de la vieille Mathilda, qui avait été jadis la nourrice d'Aliénor. Au cours de la conversation, le nain apprit qu'Aliénor avait été très amoureuse de Simon, ledit palefrenier. Mais la colère du comte avait tonné comme l'orage, et le jeune homme avait été battu, ligoté et jeté dans le fleuve. Quant à Aliénor, qu'était-elle devenue ? Il faudrait interroger Simon à ce sujet – en effet, la vieille femme était aidée dans sa tâche par l'une de ses filles ainsi que par un jeune homme de 23 ans appelé comme le palefrenier. La coïncidence était trop grosse. Serait-il le fils d'Aliénor ? Impossible, il était trop âgé. Par contre, celui-ci proposa de demander à sa mère, Marianne, qui vivait dans le Bois Noir au nord. Elle-même devait avoir eu vent de cette histoire. Quant à Conrad, Mathilda prit sa défense car il avait toujours été bon avec elle. Certes, il avait essuyé un refus jadis quand il avait demandé la main d'Aliénor, mais il avait très bien réagi lorsque l'incartade avec le palefrenier avait été découverte. Par contre, le revirement du vieux Comte surprit la vieille nourrice qui sembla assez incrédule.
Tout le reste du jour, Mordrum et Simon travaillèrent aux champs, et en échange, le jeune homme le mènerait à sa mère plus rapidement. Finalement, il arriva un évènement imprévu. Le soir même, alors que tous mangeaient au coin du feu, un jeune homme débarqua, paniqué. Il s'agissait d'Albin, le frère de Simon, qui réclamait de l'aide car sa mère était tombée gravement malade. Bien qu'il possédait quelques maigres pouvoirs magiques, le jeune Albin ne pouvait rien contre la maladie. Aussitôt, Mordrum et Simon se précipitèrent dans le Bois Noir pour prêter main forte alors même qu'Albin courait au village pour trouver l'herboriste du village.

Mordrum arriva alors dans le vieux Manoir où vivaient Marianne, Albin, Simon et leur jeune sœur Aletha. Hélas, le nain n'avait aucune expérience en médecine et il ne put leur apporter aucune aide. Il enquêta néanmoins, et apprit qur tous avaient été adoptés par Kartharogne, la sorcière qui jadis vivait ici. Il découvrit aussi qu'Albin et Aletha étaient des jumeaux de 18 ans, et que leur "frêre" Simon avait en réalité été adopté – Marianne l'ayant trouvé errant sur la plage suite à un naufrage, alors qu'il avait juste 6 ans. Et oui, c'est elle-même qui l'avait ainsi baptisé car il n'avait aucun souvenir de sa vie d'avant. Peu à peu, le nain commença à comprendre que Marianne, exilée dans une forêt quelques 20 ans plus tôt et recueillie par une sorcière, était très certainement la fameuse Aliénor qu'il recherchait.
Au beau milieu de la nuit, Albin arriva enfin avec l'herboriste à ses côtés. Celui-ci diagnostiqua une pneumonie et rassura son entourage en leur indiquant le traitement à suivre pour la mettre sur la voie de la guérison.

Le jour suivant, Mordrum quitta la petite famille et décida de se rendre au château du Comte Arnulf, puis il se ravisa. Il avait quelques précisions à demander à Mathilda, aussi rejoignit-il la vieille ferme. Le drodarin se mortifia lorsqu'il tomba sur les cadavres de la vieille nourrice et de sa fille, toutes deux poignardées et baignant dans leur sang. Celui-ci était partiellement coagulé, le double-meurtre avait dû avoir lieu quelques heures auparavent – il n'y avait pas une minute à perdre ! Il retourna alors au manoir au plus vite, traversant collines et forêts sans faiblir. À son grand soulagement, il retrouva la famille en bonne santé, et décida alors de leur raconter toute l'histoire. Il réunit les 3 enfants dans la salle du repas et leur raconta que leur mère Marianne était sans le moindre doute la fameuse Aliénor, ce qui faisait d'Albin et d'Aletha des héritiers directs d'Arnulf. Il leur raconta aussi que tous ici étaient en danger, et qu'il leur faudrait monter une garde constante, ce qu'ils firent.

Au cours de la journée, le nain profita d'un moment où Marianne reprit conscience pour lui poser quelques questions. Elle fut très surprise de l'étendue de ses connaissances sur la question, et sembla également incrédule lorsqu'il évoqua le désir du Comte de la retrouver. Enfin, lorsqu'il lui posa LA question, elle lui avoua qu'elle avait bel et bien porté le nom d'Aliénor dans une autre vie. Cela confirma qu'elle et ses enfants étaient en grand danger, car il soupçonnait Conrad d'avoir tué Mathilda et sa fille. Marianne/Aliénor et ses enfants étaient les suivants, à n'en pas douter.

Rien ne se passa de tout le jour. Par contre, une fois la nuit tombée, un étranger – un sbire de Conrad très probablement – s'introduisit dans le manoir, et commença à distribuer des coups de poignards à tout le monde. Albin tomban, puis Aletha. Le temps que Mordrum n'arrive, Simon fut blessé à son tour. Alors le nain tira avec son fusil de Bor et toucha l'intrus à l'épaule. Ils échangèrent ensuite des coups de poignard et de hache – le nain subit quelques coups assez graves mais il finit par planter sa hache dans la tête de l'assassin.
Fort heureusement, l'incident n'avait fait aucune victime, mais tous nécessitaient des soins urgents...

Avatar du membre
Chrysalid
Amanuensis
Messages : 260
Enregistré le : 10-04-2010
Localisation : Metz, France, Terre
Contact :

Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar Chrysalid » 02-23-2020

Suite et fin du scénario dans la région de Sharr. Pour la scène finale dans le cimetière, j'avoue m'être directement inspiré du passage avec Roark, dans le tome 6 : La Pierre de la Sagesse :D

Les regrets du comte Arnulf (II)
Mordrum, maîtrisé par Chrysalid (22/02/20)

Hagalas, 5001 PL • 5 jours

Le lendemain, après avoir passé une nuit fort peu confortable dans le couloir du manoir, montant la garde et dormant à moitié, le nain rassembla tout son courage pour se lever et faire une tournée d'inspection. Le corps de l'assassin se trouvait toujours là où ils l'avaient laissé la veille, les trois jeunes étaient toujours allongés dans leurs lits, blessés, tandis que la mère, Marianne/Aliénor, semblait se remettre lentement grâce au traitement.
Albin accepta de se lever pour accompagner Mordrum jusqu'à l'entrée lorsque celui-ci les quitta – il devait barricader la porte derrière lui et boucler tous les volets afin que la moindre intrusion fut toute de suite remarquée. Le nain répugnait à les abandonner ainsi sans protection alors qu'ils étaient tous diminués, mais il n'avait pas le choix s'il souhaitait progresser dans cette affaire.

Il se rendit ainsi au château qu'il trouva en fort mauvais état. Le passage d'un conflit récent l'avait laissé abîmé et à moitié brûlé, seul le donjon où vivait le Comte était encore debout. Là, le nain put rencontrer un homme du nom de Borogon, le capitaine de la garde avec qui il eut un long entretien. Le nain lui raconta tout ce qui s'était passé depuis son arrivée, depuis sa rencontre avec l'arrogant Conrad, et son enquête pour rencontrer quelqu'un qu'il ne nomma pas. Borogon comprit très vite de qui il s'agissait car il avait été présent lors des évènements, quelques 20 ans plus tôt. Il prévint immédiatement son interlocuteur que son nom ne devait en aucun cas être prononcé en ces murs, car cela pouvait le mener directement au cachot. Non, il n'avait pas entendu dire que le Comte Arnulf souhaitait retrouver sa fille et il serait fort surpris que cela fut réel. Il suggéra à Mordrum de laisser tomber cette affaire qui ne pourrait lui apporter que des ennuis. Il sembla néanmoins peiné en apprenant la mort de Mathilda, qu'il avait vaguement connue jadis, ainsi que de sa fille. Outre cela, il fut contrarié qu'un meurtre ait eu lieu sur les terres de son seigneur envers qui il semblait avoir une loyauté sans faille. Néanmoins, il lui refusa une entretien avec le Comte Arnulf car il savait comment cela se terminerait.

Envahi de pensées contradictoires au sujet de cette affaire compliquée, il remonta la colline jusqu'au village où il passa la soirée au Loup Pendu, avant d'aller se coucher, espérant que la nuit lui porterait conseil. Mordrum n'avait pas l'habitude de ces imbroglios tels qu'on ne pouvait en trouver que chez les humains.

Le lendemain, une nouvelle semaine commençait pour le village, avec Kaidag (lundi) pluvieux. Pour l'heure, le nain savait que la fille du Comte et ses enfants couraient un grave danger, mais il n'avait aucune preuve contre Conrad, hormis la forte présomption que par-dessus tout il désirait le pouvoir, au point d'envoyer un assassin sur les traces de sa cousine, depuis 20 ans bannie. Il devait admettre que toute cette affaire commençait à le fatiguer sérieusement ! Il se rendit au château pour annoncer à Borogon qu'il suivrait ses conseils, et qu'il abandonnait l'enquête. Il demanda à voir Conrad pour lui annoncer sa défaite, mais Borogon lui répondit que le jeune noble avait quitté le château tôt ce matin, sans préciser évidemment où il se rendait... Intrigué, Mordrum quitta le château et rejoignit le Bois Noir, où il eut le soulagement de retrouver la petite famille intacte. Ils n'avaient manifestement pas reçu la moindre visite depuis l'assassin de l'avant-veille. Tous discutèrent longuement de la possibilité de quitter les lieux pour se mettre en sécurité loin de là – après tout, Albin avait beau être l'héritier légitime du Comte, celui-ci ne s'intéressait pas au pouvoir. Espérant que cela suffirait à les mettre en sureté, le nain les quitta finalement.

Après avoir marché quelques kilomètres, il finit par tomber dans une embuscade. Trois sbires armés de poignards l'encerclèrent, alors même que Conrad apparut, sans surprise. Le nobliau le remercia d'avoir trouvé Aliénor, qu'il ne manquerait pas de tuer une fois le nain occi. Mordrum n'hésita pas un instant et dégaina son fusil d'un geste et tira sur Conrad qui tomba en arrière. Dans la seconde, les trois sbires l'attaquaient, lui portant plusieurs douloureuses blessures. Mordrum comprit qu'il n'aurait pas le dessus et décida de s'enfuir alors même que Conrad se relevait en le maudissant. Le drodarin, poussé par son adrénaline, parvint à surmonter de nombreux obstacles et finit par arriver dans un vieux cimetière abandonné, envahi par la végétation. Il trouva très vite une cachette et attendit en rechargeant son arme. Un premier sbire arriva qui repéra vite le nain. Puis un second. Lorsque le 3e survint à son tour, le nain venait d'achever son premier adversaire. Lorsqu'il réussit à tuer son second opposant, il n'était plus du tout en état de combattre qui que ce soit. Alors Conrad arriva. Tout en se lançant dans un véritable monologue de méchant, il exhiba une amulette et commença à psalmodier une incantation aux accents inconnus, mais dont la seule mention lui fit froid dans le dos. À cet instant, tout le cimetière sembla s'animer. Des mains griffues et des crânes vides émergèrent de la terre, les stèles s'afaissèrent et des pierres tombales se brisèrent. Le 3e sbire se figea, en proie à la terreur la plus glaciale. Mordrum leva son arme et tira sur Conrad qui tomba en arrière. Mais alors qu'il tentait de se relever, les mains griffues l'attrapèrent, et il hurla de terreur. A son tour, le 3e sbire fut attrapé par des morts-vivants. Le nain, quant à lui s'enfuit à toutes jambes. Il fut bien tenté d'attraper l'amulette de Conrad, qui s'agitait entre les mains des non-morts, mais la peur l'en empêcha. Il disparut à toutes jambes dans la forêt, poursuivi par les hurlements des imprudents qui se faisaient massacrer dans le vieux cimetière... Combien de temps détalla-t-il ainsi dans les bois, en proie à la terreur ? Il lui fallut atteindre la rivière pour reprendre ses esprits. Il retourna à l'auberge du Loup Pendu pour espérer y prendre quelque repos, mais la scène de cauchemar ne le quitta pas pour autant.

Le lendemain, le 10e jour du mois d'Hagalas, il retourna voir Borogon pour lui raconter tout ce qui s'était passé depuis la veille, puis il réclama une audience avec le Comte. Enfin, il put rencontrer le vieil homme blessé. Pendant longtemps, il tenta de lui raconter son histoire en évitant de parler de 'la personne dont on taira le nom', jusqu'à ce qu'Arnulf, fatigué de toutes ces énigmes, finisse par comprendre qu'il s'agissait d'Aliénor, la 'catin' qu'il avait bannie 20 ans plus tôt. Il se mit alors dans une colère noire et fit mettre Mordrum au cachot – ce que Borogon fit lui-même, car il l'avait prévenu maintes fois avant. Mais Mordrum en profita surtout pour y prendre quelque repos.
Après une nuit derrière les barreaux, le capitaine de la garde escorta lui-même le drodarin jusqu'au port où il espérait bien le voir quitter le Comté de Shaar de ses propres yeux. Mais pendant le trajet, Mordrum lui parla d'Aliénor et de ses deux enfants légitimes. Dont un garçon. Comme le Comte n'avait plus d'héritier, peut-être serait-il intéressant de rencontrer ce jeune homme, un bon garçon à n'en pas douter. Borogon accepta d'aller les voir à l'occasion.

Mais alors que Mordrum montait à bord d'un navire en partance vers le nord, il se dit que l'histoire entre Arnulf et Aliénor n'était peut-être pas tout à fait terminée...

Avatar du membre
Chrysalid
Amanuensis
Messages : 260
Enregistré le : 10-04-2010
Localisation : Metz, France, Terre
Contact :

Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar Chrysalid » 03-01-2020

Le mystère d'Yrsonor
Chat Silencieux, Tobiah et Elwing (29-fév-20)

Uras, 5000 PL
À l'issue de leur aventure dans les environs de Chamblay, Chat Silencieux et Tobiah étaient repartis vers le nord. Le Seigneur Kaï s'en était retourné vers son Monastère tandis que le Mage du Dessi se contenta de l'accompagner afin de découvrir la prestigieuse institution qui formait les fameux héros du Sommerlund. Et s'il fut heureux de visiter le bâtiment, il trouva néanmoins l'endroit un peu plus frustre que ce à quoi il s'était attendu. À quoi s'était-il attendu d'ailleurs ? Mais les Seigneurs Kaï, les professeurs comme les aspirants, lui firent bon accueil et lui réservèrent une place dans leurs rangs, le temps de son séjour. Pendant ce temps, il logea dans l'une des chambres des visiteurs. Il eut tout loisir de voir les jeunes participer à un entraînement constant, tant à des séances de méditation qu'à un travail physique requérant concentration et sérieux. Il croisa parfois Chat Silencieux, mais ne parvint pas vraiment à "briser le mur". En effet, le jeune homme semblait enfermé dans un mur d'indifférence, voire de colère, dont il ne l'avait pratiquement jamais vu sortir. Et pour tout dire, durant tout son séjour, il ne lui vit même aucun ami dans les rangs des Seigneurs Kaï.

Puis un jour, au cours du mois d'Urus, Tobiah remarqua une frêle silhouette en robe bleue traverser le réfectoire, affichant un visage délicat, une chevelure cendrée parfaitement entretenue et une robe tirée à quatre épingles. Plutôt habitué à ne voir que des gens en costume vert portant arme et capuche, il s'approcha de la jeune femme et tous deux commencèrent à deviser comme s'ils se connaissaient déjà, naturellement rapprochés par leur marginalité. La nouvelle venue, qui ne devait pas avoir plus de 15 ou 16 ans, s'appelait Elwing et appartenait à la Confrérie de l'Étoile de Cristal. Elle était de passage au Monastère Kaï pour y effectuer une livraison, mais ne pouvait en repartir car une tempête s'était levée au-dehors.

Une procession d'élèves envahit le hall à cet instant, parmi eux le fameux Chat Silencieux qui vint échanger quelques paroles avec Tobiah. Presqu'ironique, il lui demanda ce que son intuition lui avait soufflé ce matin, puis il se tourna vers la jeune femme avec qui la conversation ne fut pas beaucoup plus longue. Il y fut question de la tentative d'attentat qui avait eue lieu à Toran quelques mois plus tôt, et qui avait été déjouée par une de ses connaissances, une sœur de l'Étoile de Cristal appelée Lorelei. Ces quelques mots échangés suffirent à ce qu'Elwing le trouve odieux, voire hautain. Tous trois furent interrompus par un jeune homme nerveux, Belette Furtive, qui apprit à Chat Silencieux que Maître Corbeau de Neige souhaitait lui parler dans son bureau. Sans ciller, le jeune homme s'engagea aussitôt dans les couloirs sans demander de détails, aussitôt suivi par Tobiah qui avait l'intuition que les choses allaient enfin bouger, et par Elwing elle-même que le Mage du Dessi tirait par le bras car il sentait qu'elle devait les accompagner.

Dans la Tour du Soleil, tous trois eurent ainsi l'occasion de rencontrer le Maître Kaï qui fut surpris de voir arriver trois personnes alors même qu'il n'en avait convoqué qu'une seule. Comme il connaissait Chat Silencieux, il fut surpris de le voir accompagné d'amis. Le novice lui répondit clairement que Tobiah était un allié efficace (mais non un ami), et qu'il ne connaissait pas Elwing (d'ailleurs, que faisait-elle ici ?). Mais Corbeau de Neige continua à les désigner sous le nom d'amis.
Au cours de l'entretien, il leur parla du village d'Yrsonor, situé à 45 kilomètres au nord du Monastère. Or, le seigneur du domaine avait fait construire une aile à son châtelet, qui s'était effondrée sur les ouvriers pas plus tard que la veille au soir ! Il leur fallait se rendre sur place au plus vite pour apporter leur aide au sauvetage des victimes. Tobiah et Elwing comprirent que Corbeau de Neige leur demandait de participer à l'effort de mission, Chat Silencieux fut plus mesuré sur la question.
Tous montèrent à bord d'un chariot qui fut mis à leur disposition, que le conducteur poussa sur la route afin qu'ils arrivent rapidement à destination, bravant la tempête qui s'était considérablement rafraichie depuis ce matin.

Le village d'Yrsonor était situé dans les hauteurs des montagnes de Durncrag, avec une belle vue sur les plaines et forêts alentours. Il était entouré de pâturages et la culture de la laine de mouton semblait être sa principale activité. A ce titre, la taverne locale, qui appartenait à un tenancier du nom de Sanus, s'appelait La Pelote de Laine. Lorsqu'ils y entrèrent pour se renseigner, c'est la petite Elwing qui prit la parole, représentant l'équipe de sauveteurs envoyés par le Monastère Kaï. Sanus fut plus que surpris lorsqu'il jaugea la frêle et délicate jeune femme qui s'adressait à lui, mais la présence à ses côtés d'un Seigneur Kaï taciturne le rassura quelque peu. Le tavernier leur indiqua la route et, sur l'impulsion d'un Chat Silencieux toujours aussi impénétrable, tous trois de s'y rendre sans prendre le temps de s'accorder un repos. Mais la situation requerrait une intervention immédiate, le repos attendrait.

Plus haut, ils virent ainsi le chantier au sein duquel évoluaient des ouvrier, pelles et pioches à la main. Alors même que Chat Silencieux s'engageait aussitôt dans une exploration de la zone, Tobiah et Elwing allèrent parler à Sionas, propriétaire des lieux et magiciens à ses heures, qui leur fit une rapide visite et leur apprit qu'il avait perdu environ 10 hommes dans le drame survenu la veille au soir. Il évoqua aussi la présence d'un curieux phénomène local qui semblait avoir un effet indésirable sur la magie.
Les trois envoyés du Monastère se joignirent aussitôt aux équipes de sauvetage et, ne négligeant par leurs efforts, les heures passants, parvinrent à en retrouver un, puis un second, puis finalement tous les ouvriers manquants. Hélas, seul un petit nombre d'entre eux avaient survécu à l'effondrement. Par contre, ils firent une découverte qui les inquiéta : tous les corps portaient des marques de morsures que nul ne parvint à identifier. En outre, il y avait de nombreux tunnels de faible diamètre un peu partout dans la zone. Quel genre de créatures avait bien pu provoquer cela ?
Les trois envoyés du Monastère poursuivirent leurs investigations jusque tard dans la nuit et finirent par dégager un passage vers un tunnel assez grand pour s'y glisser, lorsque la fatigue les terrassa enfin. Ils se firent un abri dans la tour, allumant un feu pour se réchauffer en espérant pouvoir dormir malgré les conditions.

Ils furent tous trois réveillés le lendemain matin par l'arrivée massive des ouvriers. Ils tentèrent bien de les dissuader de reprendre le travail, qu'ils craignaient de voir provoquer un autre éboulement, mais le maître d'œuvre les ignora proprement, leur reprochant même d'avoir allumé un feu "dans sa tour". Ce sinistre individu avait des délais à respecter, et la mort de quelques ouvriers ne semblait pas l'émouvoir plus que cela.

Sur cet échange houleux, les trois envoyés du Monastère s'approchèrent alors du trou qu'ils avaient mis au jour la veille au soir. Ils s'encordèrent, et Chat Silencieux prit la tête. Mais le passage restait étroit, et il eut bien du mal à avancer à quatre pattes, bouclier dans une main et lanterne dans l'autre, au point que finalement, Tobiah, moins chargé en équipement, finit par lui grimper sur le dos pour lui passer devant. Un peu plus loin, le passage s'élargit et leur permit de se redresser. Ils se détachèrent de la corde, qui n'allait pas plus loin, et poursuivirent leur investigation. Plus loin, ils finirent par tomber sur un véritable nid de créatures pour le moins effrayantes : il s'agissait d'une famille de VAZAGHS, littéralement des hommes-rats, qui leur fondirent dessus avec toute la rage possible. Les créatures, fort heureusement de petite taille, les attaquèrent en poussant des piaillements, ne pouvant se tenir nombreux dans ces tunnels réduits, ce qui donna un avantage aux deux compères.
Finalement, lorsqu'ils transpercèrent le dernier de leurs assaillants, le Seigneur Kaï s'engagea seul dans le tunnel à la rencontre du maître des lieux, en réalité la mère de la petite tribu. Chat Silencieux comprit trop tard que la créature, les yeux rouges et en proie à une colère légitime, allait tout mettre en oeuvre pour le massacrer. Il se défendit comme il le put alors qu'elle fondit sur lui, parant certaines de ses attaques et portant quelques coups d'épées lors des rares occasions qui s'offraient à lui, mais il se sentit largement surpassé. De son côté, Tobiah le canarda de flèches, et Elwing qui avait fini par les rejoindre, s'affaira à lui lancer tout ce qu'elle pouvait. Ainsi, Chat Silencieux vit passer une torche (qui manqua sa cible), une chaussure (qui manqua sa cible), une seconde chaussure (qui manqua sa cible) et enfin une cruche (qui manqua sa cible).
Finalement, lorsque le monstre pétri de haine porta son dernier coup au Seigneur Kaï, qui tomba inconscient, la petite femme en robe bleue fut à son tour prise de rage. Elle dépassa Tobiah et chargea pieds nus dans le couloir jusqu'au monstre sur lequel elle se jeta avec une telle force qu'elle le fit basculer en arrière. Déjà profondément blessé par l'épée de Chat Silencieux et les flèches de Tobiah, la bête fut vaincue.

Les deux mages trainèrent le Seigneur Kaï jusqu'au-dehors où la jeune fille lui prodigua quelques soins. En attendant qu'il reprenne conscience, Tobiah fit son rapport à Sionas.

Pour terminer avec cette intrigue, Elwing retourna dans les galeries pour y récupérer ses affaires, et c'est là, à la lumière vascillante de sa simple bougie, qu'elle repéra un courant d'air. Un passage caché ? Elle n'osa pas y toucher, de peur de découvrir ce qu'il y avait derrière, mais une fois mis au courant, Sionas n'hésita pas, quant à lui, à dégager la terre pour découvrir un couloir de pierre, inconnu jusque là, entièrement construit de main d'homme. Curieusement, il eut l'air plus fébrile que surpris...
Modifié en dernier par Chrysalid le 03-15-2020, modifié 1 fois.

Avatar du membre
Chrysalid
Amanuensis
Messages : 260
Enregistré le : 10-04-2010
Localisation : Metz, France, Terre
Contact :

Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar Chrysalid » 03-08-2020

Cette séance est inspirée d'un scénario de Baron Zero, Dans la Forêt de Blanctronc pour D&D. Toutefois, l'histoire tourne court en plein milieu de l'action pour prendre une direction que je n'ai pas vue venir…
Attention aux dates, cette aventure n'est pas la suite du Mystère d'Yrsonor mais plutôt des Regrets du Comte Arnulf.

Dans la Forêt d'Oxalar : Un dernier repas chaud
Mordrum et Elwing, maîtrisé par Chrysalid (08/03/20)

Hagalas, 5001 PL • 6 jours


Le navire voyagea à grande vitesse jusqu'à la cité de Briona, dans le Delden, qu'il atteignit au soir du 12 hagalas. Ici, les nombreux soldats et mercenaires embarqués descendirent pour rejoindre diverses affectations tandis que le nain Mordrum s'engagea aussitôt sur les routes. Il quitta la cité portuaire par la porte ouest et atteignit rapidement le village d'Aris où il croisa la route d'une caravane, dont les responsables Stanley et Kalmart embauchait des bras armés pour assurer leur défense. Hélas, tous les soldats de la région étaient réquisitionnés par les villes, et il ne restait que peu de personnel disponible pour ce genre de missions. Comme ils prenaient la même route, le nain décida de les accompagner. Durant la soirée, dans la salle principale de l'auberge du Buveur de Bière, Mordrum rencontra à son grand désespoir une jeune femme délicate à la magnifique robe bleue, aux cheveux richement apprêtés et au port de princesse. Elle s'appelait Elwing et était envoyée par la Guilde de l'Étoile de Cristal, dans le Sommerlund, pour enquêter sur les incursions glocks. Hélas, elle était manifestement issue d'une famille de la haute société et ne supportait guère les manières des paysans des environs ; sans même parler de celles du nain. Leurs premiers échanges furent houleux.

Le lendemain à la première heure, toute la caravane quitta le village en direction de l'ouest, accompagnée par Mordrum et Elwing. Le soir, ils atteignirent la cité talestrienne de Luukos où la jeune magicienne eut le bonheur de rencontrer deux nouveaux venus dans la procession. Maître Hrafn était un riche marchand à la mise impeccable et au noble charisme, et sa fille Elisabet était une jeune beauté à la longue chevelure rousse. Évidemment, Elwing trouva en eux de parfaits interlocuteurs, et tous trois passèrent la soirée à deviser de choses et d'autres. Bien entendu, lorsque la caravane quitta Luukos le lendemain, Elwing ne quitta pas ses nouveaux amis d'une semelle.

La première journée de voyage ne fut pas des plus faciles, car les chariots s'embourbaient régulièrement dans les chemins de terre, ce qui nécessitait des interventions musclées de la part de tous les hommes – Maître Hrafn et sa fille ne participaient pas à ces actions, de même qu'Elwing qui n'osait guère mettre les pieds dans la boue. Très vite, elle s'attira des regards de mépris de la part du groupe.
Le lendemain, dernier jour de la semaine, les voyageurs découvrirent un cadavre en lisière de la forêt d'Oxalar. Elwing reconnut là les morsures de loups maudits, ce qui ne manqua pas d'alerter les autres membres de la caravane : des loups maudits, ici ? Ces derniers temps, les glocks s'emblaient s'être tenus tranquilles dans la contrée... ce temps calme était-il terminé ? Dès cet instant, le voyage se poursuivit dans le silence, chacun restant sur ses gardes. De son côté, Elwing termina le voyage dans le silence. Son esprit vagabondait jusqu'au Sommerlund, où les préparatifs de la fête du Maesmarn devaient commencer à se mettre en place lentement...

Au soir du 3e jour de voyage, ils arrivèrent au Fort Garda, une tour de guet talestrienne où les miliciens leur firent payer une taxe. On leur raconta que le domaine d'Ogia étant proche, ils effectuaient une surveillance constante. Mais le faible nombre de leurs effectifs ne leur permettait hélas qu'une efficacité toute relative. Bien sûr, le convoi passerait la nuit ici. Au cours de la soirée, Stanley convoqua Mordrum pour lui demander de rester ici durant les prochains jours. En effet, Kalmart et lui devaient poursuivre leur voyage vers Zaman le lendemain, mais Maître Hrafn et sa fille devaient rester ici jusqu'à leur retour, et il souhaitait que le nain demeure pour les protéger. Cette demande sembla suspecte au point que le nain et Elwing en viennent à se poser des questions sur le père et sa fille. En effet, au cours du trajet, les deux nobles leur avaient parfois paru distants malgré leur sympathie apparente, comme s'ils cachaient quelque chose. Les deux aventuriers mirent leurs différences de côté pour entamer une enquête. De fait, au cours de la soirée, la jeune Elwing alla parler avec Elisabet, tentant une approche un peu plus directe qu'à son habitude, plutôt réservée. Mais la fille du marchand réagit fort négativement, ce qui mit fin à la conversation. Alors la jeune sommerlundoise se tourna vers le marchand à un moment où il se trouvait seul. Usant de sa magie d'Envoûtement pour le mettre dans de bonnes dispositions à son égard, elle tenta de lui faire un peu de charme pour qu'il lui raconte un peu son histoire, et à son grand dam, il lui avoua que malgré leur différence d'âge, il était tombé follement amoureux d'elle et ne rêvait que de faire son bonheur ! Il lui tint la main et tenta de l'embrasser à maintes reprises, étant devenur bien plus entre­prenant qu'elle ne l'avait escompté ! Caché derrière un fourré, Mordrum réalisé que leur plan allait peut-être un peu trop loin. Il s'interrogea ; devait-il intervenir ? Mais Elwing, bien que fort décontenancée par la tournure des évènements, en profitait pour lui poser des questions. Elle put ainsi apprendre que Maître Hrafn avait quelques problèmes de paiements avec un associé et qu'il devait se cacher quelques temps, histoire que les choses se tassent. Il reviendrait à la ville pour régler ces affaires dès que possible, mais dans l'immédiat, il se devait d'un minimum de discrétion. Enfin, la jeune mage parvint à se dégager et s'enfuit retrouver le nain.

Le lendemain, Mordrum et Elwing quittèrent la tour de Garda dès la 1re heure en direction de l'ouest. En effet, chacun d'eux était venu dans la contrée avec une mission bien spécifique, et la route que prenait la caravane ne les intéressait pas. En outre, ils n'avaient que faire de ce marchand et de sa fille et n'avaient aucun intérêt personnel à les protéger de quoi que ce soit. Ils souhaitaient rester ici, dans une région dangereuse, pour se mettre au vert ? Qu'à cela ne tienne, ils étaient au courant des dangers.

Des heures durant, le nain et la magicienne marchaient vers l'ouest. A deux reprises, ils durent se dissimuler dans les fourrés afin de se soustraire à la vue de deux escouades entières de glocks et d'hommes sauvages venant en sens inverse. Apparemment, ces groupes se rendaient en direction de Fort Garda. Allaient-ils attaquer ? Mais les deux voyageurs poursuivirent leur route jusqu'à Fort Varn, une nouvelle tour de guet, où ils furent accueillis par le capitaine Belkin et ses deux recrues...
Modifié en dernier par Chrysalid le 03-16-2020, modifié 1 fois.

Avatar du membre
Chrysalid
Amanuensis
Messages : 260
Enregistré le : 10-04-2010
Localisation : Metz, France, Terre
Contact :

Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar Chrysalid » 03-15-2020

L'orbe ancien (suite du Mystère d'Yrsonor)
Chat Silencieux et Tobiah (14-mar-20)

Uras, 5000 PL

Après avoir passé deux jours à se reposer et panser leurs blessures dans une chambre mise à leur disposition par le propriétaire du manoir, à Yrsonor, les aventuriers envisagèrent de retourner au Monastère Kaï pour faire leur rapport quant au succès de leur mission. Toutefois, Sionas vint les trouver pour leur demander un dernier service. En effet, il leur avoua qu'il s'attendait à trouver quelque édifice ancien dans les environs, bien que d'après ses calculs, celui-ci aurait dû se trouver un peu plus en amont. En effet, sa famille recherchait un artefact ancien dans la région et ce, depuis plusieurs générations. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il avait fait construire son manoir ici même.
Au début, Chat Silencieux lui fit comprendre que la mission pour laquelle le Monastère Kaï les avait envoyés était accomplie. Les ouvriers étaient tous retrouvés et la menace des Vazaghs était écartée – quand bien même la présence de telles créatures ici en Sommerlund avait un je-ne-sais-quoi d'inquiétant. A présent remis sur pieds, le jeune Seigneur Kaï se devait de retourner auprès de ses maîtres faire son rapport. Mais Sionas lui présenta les documents que sa famille et lui étudiane depuis des décennies, et il lui montra qu'il avait existé jadis un consortium de sages et de magiciens ayant regroupé leurs connaissance dans le but de créer un objet puissant capable d'affronter les Maîtres des Ténèbres. Hélas, s'il avait fini par localiser l'emplacement approximatif de leur antre, il ignorait tout ce qui concernant l'objet en question.
Évidemment, la mention d'un objet capable d'affornter les éternels ennemis du Sommerlund fut un argument de poids, et Chat Silencieux accepta de mauvaise grâce d'aller visiter les tunnels que leur récente incursion avait mis à jour.

Ainsi, au matin de midvoka, le 21e jour du mois d'Uras, le Seigneur Kaï retourna dans les grottes des vazaghs, accompagné de Tobiah que l'endroit intriguait. Ils profitèrent qu'Elwing se fut absentée à la Pelotte de Laine pour envoyer un message à ses maîtres, afin d'y aller sans elle, l'endroit pouvait être dangereux. A la lumière de leurs lanternes, ils s'engagèrent alors dans cet ancien repaire, qui devait exister depuis des âges très anciens, à la recherche de cet artefact dont ils ignoraient tout.
Ils avancèrent avec prudence, mettant à jour d'anciennes chambres et diverses salles de réunion ou d'études. Ici et là, ils découvrirent un pendentif au motif d'étoile et un autre au motif de lune. Bien que Kaï et Ishir semblaient avoir été présents dans les croyances de ces sages anciens, la déesse de la lune semblait avoir préséance.

Au bout d'un couloir, ils furent arrêtés par une épaisse porte à deux serrures massives, et espérèrent trouver les clés correspondantes au cours de leur exploration.
Par chance, ils découvrirent un passage dissimulé dans une grande salle, au bout duquel l'une des grosses clés recherchées pendait au bout d'une corde.
Dans une salle innondée, ils durent résoudre une énigme impliquant des vasques de 3 et 5 gallons ; le but étant de réussir à en cumuler 4. Là, ils trouvèrent une petite clé.
Plus loin, ils mirent le feu à une pièce envahie de petits serpents, hélas trop nombreux pour pouvoir être évités sans danger. Au fond de la pièce, un SERPENT GÉANT était lové autour d'un coffre de bois. Chat Silencieux l'affronta, épée à la main, soutenu par les flèches acérées de Tobiah, jusqu'à ce qu'un coup d'épée bien placé mette fin à la menace. Enfin, dans le coffret qu'ils purent déverrouiller avec la petite clé, ils découvrirent une seconde grosse clé.

De retour devant la double porte, ils l'ouvrirent et accédèrent à une salle décorée de motifs d'étoiles, de soleils et de lunes. De tels motifs se retrouvaient sur les dalles au niveau du sol ; Chat Silencieux flaira là un piège. A l'aide de son épée, il testa différentes dalles et constata qu'en pressant celles qui portaient le motif solaire, cela déclenchait un piège à fléchettes. De fait, ils purent traverser sans peine : au fond, un gros orbe de verre noir trônait sur un piédestal de pierre. Ils hésitèrent à le toucher, alors Tobiah usa de son don de prescience pour tenter de deviner s'il serait dangereux de s'en emparer. Son intuition le rassura, et il put ramasser l'artefact.
Puis les deux aventuriers quittèrent les lieux.

Par contre, une fois dehors, ils refusèrent de livrer l'artefact au Seigneur Sionas. Il leur semblait indispensable que les sages de Toran y jettent un œil avant d'envisager de le laisser entre les main d'un magicien indépendant. Bien qu'il fut profondément déçu de ne pouvoir mettre la main dessus immédiatement, il comprit le choix des aventuriers et accepta de les accompagner au Monastère Kaï où il leur faudrait se rendre à présent...

Avatar du membre
Chrysalid
Amanuensis
Messages : 260
Enregistré le : 10-04-2010
Localisation : Metz, France, Terre
Contact :

Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar Chrysalid » 03-29-2020

Retour au Monastère
Chat Silencieur et Tobiah (28-mars-20)

Uras, 5000 PL

Au lendemain de leur exploration souterraine, le 25e d'Uras, Chat Silencieux et Tobiah du Dessi prirent la route du sud en direction du Monastère Kaï, accompagnés par le magicien Sionas qui ne souhaitait pas quitter l'Orbe Ancien depuis sa découverte. N'ayant plus de chariot à disposition, ils effectuèrent le voyage à pied, arrivant finalement à destination dans la matinée de Liodag, le 27e d'Uras.
Mais une surprise de taille les y attendait : le Monastère était silencieux et ses portes étaient closes. Le jeune Seigneur Kaï avait beau héler, nul ne vint lui ouvrir. Inquiet, il longea le mur d'enceinte par la droite et se rendit à la Poste Est qu'il trouva ouverte, mais devant laquelle un homme en guenilles était assis d'un air nonchalant. Celui-ci s'appelait Corin et, mendiant, il lui arrivait parfois au cours de l'année de se rendre au Monastère Kaï où il recevait toujours un bon accueil. Mais cette fois-ci, il avait trouvé les lieux déserts et n'avait pas osé entrer. Et cela faisait bien trois jours qu'il espérait voir un être vivant ! Le Monastère était désert depuis trois jours ? En effet, les seuls individus qu'il avait rencontré en arrivant trois jours plus tôt étaient un groupe d'individus dont une femme à la silhouette filiforme et un homme "fort-en-gueule" qui venait manifestement d'ici. Mais cette description ne rappela rien ni personne à Chat Silencieux.
Tous entrèrent alors dans l'enceinte et constatèrent effectivement que la grande place, habituellement grouillante d'activité, ne présentait pas le moindre signe de vie. Il y avait bien deux gardes qui dormaient à proximité, mais ils ne réagirent à aucun stimulus, pas même lorsque Chat Silencieux leur donna quelques coups de pieds. Alors ils commencèrent à visiter les lieux, et trouvèrent ici et là des occupants de la noble institution, installés à leurs postes respectifs, mais systématiquement endormis et impossible à réveiller. C'est dans le réfectoire, situé au-dessus de l'armurerie, qu'ils trouvèrent l'essentiel de la population, mais évidemment, tous dormaient profondément. Alors le mage du Dessi usa de son pouvoir pour tenter de déceler l'éventuelle nature magique de ce sommeil inexplicable, mais il ne sentit rien.
Derrière eux, Corin s'était installé à une table et avait commencé à manger sous le regard attentif de Chat Silencieux. Peu après, le mendiant s'endormit sans pouvoir rien faire pour lutter contre cela – la nourriture était donc droguée. Parmi les victimes, il repéra un élève qu'il connaissait, Écureuil Malicieux, qu'il tenta de réveiller avec une giffle bien placée, mais celui-ci parvint à peine à entr'ouvrir les yeux. Lorsque Chat Silencieux lui parla de l'état dans lequel se trouvait tout le Monastère, celui-ci évoqua les étrangers venus un peu plus tôt, qui avaient demandé à rencontrer le doyen Chant des Tempêtes. Enfin une piste ! Le jeune homme quitta les lieux à grandes enjambées et se rendit aussitôt dans la Tour du Soleil où il trouva le bureau du doyen. Mais sans surprise, celui-ci ronflait profondément, la tête posée sur son bureau. Il ne fut pas aisé de l'extirper de son sommeil, et le jeune apprenti n'eut d'autre choix que de lui administrer une violente giffle, grâce à laquelle notamment, Chant des Tempêtes souleva lourdement la tête. Depuis les profondeurs de son état léthargique, il reconnut la voix de Chat Silencieux, et comprit immédiatement ce qui se passait lorsque celui-ci lui parla du Monastère endormi. En réponse, il lui répondit : "C'était les feuilles de moutarde". Puis il retomba dans le sommeil.
Mais le jeune homme n'eut pas le temps de réfléchir à ce fameux épice que déjà, un cri retentissait dans la cour. Il quitta donc le bureau quatre à quatre et déboula dehors – le cri provenait des cuisines : l'un des jeunes assistants du cuisinier venait de se réveiller, et il découvrait le désastre ! Chat Silencieux et Tobiah le calmèrent, et il leur avoua que les dernières personnes à être venues au Monastère étaient envoyés par Garath d'Homlgard, fournisseur officiel de toutes sortes de denrées telles que, oui, les épices.
Peu à peu, une piste se formait autour des fournitures expédiées par Holmgard. Le mage du Dessi tenta même d'exploiter l'Orbe Ancien récupéré à Yrsonor, en espérant voir quelque indice, mais les images qui prirent naissance dans la sphère furent des plus nébuleuses. Chat Silencieux décida alors de se rendre à Holmgard pour interroger ce Garath, il prit un cheval à l'écurie, Tobiah monta en croupe, et tandis que Sionas et le jeune assistant de cuisine s'occuperaient du Monastère en leur absence, les deux aventuriers s'élancèrent sur la route au grand galop. Régulièrement au cours du trajet, Tobiah interrogea son intuition pour savoir s'ils suivaient la bonne route, et peu à peu, il devenait évident que c'est à Holmgard qu'ils devaient se rendre. Ils mirent quelques heures à quitter la forêt, et finirent par traverser le pont d'Alema. Mais lorsque la nuit tomba, ils sentirent leur monture s'épuiser considérablement. Finalement, ils lui rendirent sa liberté et poursuivirent leur route à pieds.

Tobiah et Chat Silencieux parvinrent enfin à Holmgard au beau milieu de la nuit. Les gardes les laissèrent entrer lorsqu'ils reconnurent l'uniforme des Kaï, puis les deux hommes exténués s'enfoncèrent dans les rues sombres, tout juste éclairées par de petites lanternes accrochées aux carrefours, à la recherche d'un lieu où dormir. Par chance, en suivant la longue Avenue de la Madelon, qui donnait plein sud, ils finirent par découvrir la taverne du Chant Gris, où la tenancière leur accorda un lieu où dormir car elle semblait avoir un respect particulier pour les Kaï.

Le lendemain, le 28e d'Uras, à peine reposés par une nuit trop courte, ils entamèrent leurs recherches dans le quartier, à la recherche... de quoi d'ailleurs ? À nouveau, Tobiah tenta d'interroger l'Orbe Ancien, et il finit par apercevoir une enseigne, ainsi qu'un objet étrange équipé d'engrenages et d'une longue-vue comme... un sextant ? Leurs recherches les menèrent tout au fond de l'Allée de l'Ombre, situé à la frontière entre le Vieux Quartier et le Quartier Ouest, dans la boutique du Sage Herboriste Kolanis. Un herboriste ? Cela devenait intéressant. Hélas, celui-ci ne semblait pas savoir grand chose de cette affaire. Il leur confirma qu'une jeune femme à la silhouette filliforme, nommée Élicia, lui avait commandé de grandes quantités de feuilles de moutarde ces dernières semaines, mais il ne semblait pas être au courant de quoi que ce soit au sujet du Monastère. Fin psychologue, Tobiah comprit vite que cet homme n'avait rien à voir dans l'affaire.
Restait le fameux Garath d'Holmgard dont la maison à plusieurs étages s'élevait un peu plus au nord, juste en face de la taverne du Prince Fedor. Il s'avéra rapidement que Garath était un grossiste, qui se contentait d'acheter des fournitures pour les revendre. A priori, il n'avait rien à voir avec ce qui était arrivé au Monastère; Mais là où Chat Silencieux ne sut s'il fallait faire confiance à ce commerçant, Tobiah se rendit compte qu'en réalité, il se moquait d'eux ! Il glissa l'information à l'oreille du Seigneur Kaï, qui revint s'imposer devant Garath, l'obligeant à leur faire visite les lieux. Hélas, Garath sut les tromper. Il s'enferma derrière une porte que Chat Silencieux fut obligé de défoncer, puis derrière une seconde auquel le Seigneur Kaï réserva le même sort... et enfin ils découvrirent une vaste salle des collections où de nombreux objets, manifestement de valeur, étaient exposés sur des socles, parmi lesquels un sextant. Mais il n'eut pas le temps d''approfondir que déjà, Garath sortait de sa collection l'un de ces fameux Fusils de Bor qu'il braqua sur lui ! Chat Silencieux s'agenouilla derrière son bouclier en criant "À terre !" à l'attention de son compagnon du Dessi, mais le fusil explosa littéralement entre les mains du commerçant qui, le visage noirci et les cheveux en arrière, se retrouva aussitôt avec la lame du Seigneur Kaï sous le menton.
Lorsque Tobiah revint avec une escouade de gardes, Garath n'eut d'autre choix que de tout avouer, ajoutant néanmoins que l'endormissement de tout le Monastère n'était évidemment pas dans ses intentions. Il voulait seulement récupérer le vieux sextant en possession du doyen Chant des Tempêtes en insistant sur le fait que cet objet lui revenait de droit. C'était peut-être vrai, mais c'était désormais l'affaire de la justice d'Holmgard.

Enfin, Chat Silencieux et son compagnon du Dessi reprirent lentement la route du Monastère à pied, qu'ils rejoignirent en 3 jours. À leur grande surprise, tout le monde les y attendait ! En effet, Sionas avait bien œuvré pour aider à la reprise, et un pigeon voyageur avait été envoyé au Monastère depuis Holmgard pour les informer de l'affaire. Chant des Tempêtes fut heureux de récupérer son sextant volé, et leur demandé s'ils avaient eu vent du livre. Quel livre ? En effet, Garath avait bien évoquyé un livre mais au cœur de l'action, nul n'y avait prêté attention. Le doyen du Monastère tenterait bien de le récupérer en traitant directement avec les autorités de la capitale.
En attendant, une grande fête eut lieu pour célébrer la résolution de cette affaire peu commune, au centre de laquelle se trouva Chat Silencieux qui, pour tout dire, était peu habitué à être à ce point mis sur le devant de la scène...


Retourner vers « Aon »