[Chroniques] Nos aventures en Magnamund

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Floribur
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Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar Floribur » 02-12-2020

Non mais j'avais reconnu, c'est justement pour ça que je citais. ;)

Et tu fais très bien d'ajouter ainsi, par petites touches, un peu de matière, d'épaisseur, au cadre du jeu. Ca contribue à l'immersion.

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Chrysalid
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Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar Chrysalid » 02-16-2020

Nouvel épisode dans les aventures de Mordrum Dur-de-la-Choppe, un scénario de Fantasy générique issu d'un Casus Belli v1 (originellement destiné à GURPS).

Les regrets du comte Arnulf
Mordrum, maîtrisé par Chrysalid (15/02/20)

Hagalas, 5001 PL • 11 jours


Après avoir navigué pendant près d'une semaine à bord de l'Abondance, un navire marchand voguant vers le nord, le nain Mordrum fit escale à un minuscule port de pèche situé sur la rivière Phoen et appartenant au domaine de Sharr. Bien que situé sur les terres de Talestria, l'endroit était frontalier avec le Palmyrion et l'Eldenora. Ici, le nain ne vit que des marins aller et venir pour décharger caisses et tonneaux. Heureux d'enfin quitter le bateau, il partit en quête d'une taverne où se changer les idées et interroger les autochtones sur la suite de sa route. En effet, Mordrum s'était rendu ici suite aux prédictions que lui avaient faites Varkaï, le voyant de Garthen, qui lui avait conseillé de se rendre au nord, "à la frontière des trois terres", s'il souhaitait retrouver Noskel, le mystérieux peintre qui avait réalisé le tableau à l'origine de la chute de la Maison Aleris, à Urtin. Malgré cela, il se demandait s'il avait vraiment envie de retrouver ce personnage étant donné les horreurs dont il avait été responsable... Néanmoins, la question ne se posait guère, car Noskel ou pas, Mordrum devait se rendre vers le nord de toutes façons...

Dans la taverne du Poisson Grincheux, le tavernier lui raconta que Galtin n'était qu'un site de passage et de stockage, et qu'il pourrait avoir toutes les informations dont il avait besoin en se rendant à Kerlin, chef-lieu de Sharr à quelques kilomètres de là. Alors le nain s'exécuta, et il monta la colline qui le mena à un petit village assez morne, dont les habitants lui parurent faibles et mal nourris, mêlés à une population de soldats marqués par une profonde inquiétude. Bien entendu, il voulut en savoir plus dès lors qu'il trouva l'auberge locale, le Loup Pendu. Là, quelques soldats lui racontèrent qu'ils venaient de terminer une longue bataille contre l'envahisseur de la cité d'Ogia, les terribles esclavagistes du nord qui s'en prenaient souvent aux régions environnantes. Cela faisait pas moins de 8 ans que le conflit avait commencé, les soldats rêvant de rentrer chez eux pour retrouver leurs familles.

Et soudain, un homme particulièrement voyant fit son apparition au beau milieu de la morosité ambiante. Vêtu d'un costume coloré taillé sur mesure, portant cheveux longs et bouc taillé au millimètre, l'individu était manifestement un nobliau bien connu des habitants qui s'écartaient sur son passage. Le personnage était précédé par une jeune fille qui n'avait pas 20 ans, et avec qui il venait de partager un moment de grande intimité d'après leurs attitudes. En outre, le nain remarqua qu'elle devait certainement être enceinte. Le nobliau quitta les lieux à grandes enjambées. Mordrum interrogea les soldats qui lui racontèrent que Conrad était son nom, et qu'il fréquentait souvent Lucinda, la fille de l'aubergiste, qui vendait ses charmes à qui en voulait. Et Conrad était l'un de ses clients les plus réguliers ; bien sûr, l'enfant qu'elle portait était certainement le sien. Mordrum découvrait peu à peu les mœurs des humains, et il en éprouvait une répulsion grandissante.

Finalement, il prit une chambre et alla s'installer en espérant profiter d'une bonne nuit loin de tout. Hélas, il fut réveillé au bout de quelques heures par les cris de jouissance de Lucinda et Conrad, depuis la chambre voisine, ne manquaient pas de discrétion. Le nain frappa violemment contre le mur en leur intimant l'ordre de se calmer.

Le lendemain, au matin d'Urkadag, le 6e jour du mois d'Hagalas, Mordrum fut abordé par le fameux Conrad qu'il haïssait déjà. Le nobliau et lui échangèrent sur les mœurs des humains et sur la fille de l'aubergiste, mais Conrad n'en avait cure. Il semblait avoir d'autres préoccupations que cette péronnelle, et même l'état de santé des paysans de Sharr ne lui posait pas de problème particulier, alors que lui-même semblait bien nourri et en parfaite santé. Non, en réalité, il était venu voir le nain pour lui demander son aide. En effet, son oncle le Comte Arnulf était mourant et, ayant perdu tous ses fils lors des batailles de ces dernières années, il désirait grandement retrouver sa fille Aliénor, 14 ans à l'époque, qu'il avait lui-même bannie du domaine 20 ans plus tôt car elle avait fauté avec un palefrenier. Or, il ignorait ce qu'était devenue la jeune fille depuis lors. Ne voulant pas que les choses se sachent, il serait providentiel que Mordrum, parfaitement étranger à la région, mène les recherches. Le nain parvint à négocier en échange de son aide un droit de chasser sur les terres du domaine, afin de fournir un peu de viande aux habitants qui n'avaient vraiment pas bonne mine – sans compter que l'aubergiste semblait ne plus avoir beaucoup de réserves, probablement une conséquence directe de la guerre qui avait fait rage un peu plus au nord. Ainsi fut-il décidé. Néanmoins, le nain se demanda ce que le fameux Conrad pouvait bien gagner dans cette affaire... Le personnage lui semblait parfois assez peu crédible... Serait-il intéressé par le titre de Comte lorsque le moment serait venu ?

Suivant les instructions, Mordrum descendit jusqu'à la ferme de la vieille Mathilda, qui avait été jadis la nourrice d'Aliénor. Au cours de la conversation, le nain apprit qu'Aliénor avait été très amoureuse de Simon, ledit palefrenier. Mais la colère du comte avait tonné comme l'orage, et le jeune homme avait été battu, ligoté et jeté dans le fleuve. Quant à Aliénor, qu'était-elle devenue ? Il faudrait interroger Simon à ce sujet – en effet, la vieille femme était aidée dans sa tâche par l'une de ses filles ainsi que par un jeune homme de 23 ans appelé comme le palefrenier. La coïncidence était trop grosse. Serait-il le fils d'Aliénor ? Impossible, il était trop âgé. Par contre, celui-ci proposa de demander à sa mère, Marianne, qui vivait dans le Bois Noir au nord. Elle-même devait avoir eu vent de cette histoire. Quant à Conrad, Mathilda prit sa défense car il avait toujours été bon avec elle. Certes, il avait essuyé un refus jadis quand il avait demandé la main d'Aliénor, mais il avait très bien réagi lorsque l'incartade avec le palefrenier avait été découverte. Par contre, le revirement du vieux Comte surprit la vieille nourrice qui sembla assez incrédule.
Tout le reste du jour, Mordrum et Simon travaillèrent aux champs, et en échange, le jeune homme le mènerait à sa mère plus rapidement. Finalement, il arriva un évènement imprévu. Le soir même, alors que tous mangeaient au coin du feu, un jeune homme débarqua, paniqué. Il s'agissait d'Albin, le frère de Simon, qui réclamait de l'aide car sa mère était tombée gravement malade. Bien qu'il possédait quelques maigres pouvoirs magiques, le jeune Albin ne pouvait rien contre la maladie. Aussitôt, Mordrum et Simon se précipitèrent dans le Bois Noir pour prêter main forte alors même qu'Albin courait au village pour trouver l'herboriste du village.

Mordrum arriva alors dans le vieux Manoir où vivaient Marianne, Albin, Simon et leur jeune sœur Aletha. Hélas, le nain n'avait aucune expérience en médecine et il ne put leur apporter aucune aide. Il enquêta néanmoins, et apprit qur tous avaient été adoptés par Kartharogne, la sorcière qui jadis vivait ici. Il découvrit aussi qu'Albin et Aletha étaient des jumeaux de 18 ans, et que leur "frêre" Simon avait en réalité été adopté – Marianne l'ayant trouvé errant sur la plage suite à un naufrage, alors qu'il avait juste 6 ans. Et oui, c'est elle-même qui l'avait ainsi baptisé car il n'avait aucun souvenir de sa vie d'avant. Peu à peu, le nain commença à comprendre que Marianne, exilée dans une forêt quelques 20 ans plus tôt et recueillie par une sorcière, était très certainement la fameuse Aliénor qu'il recherchait.
Au beau milieu de la nuit, Albin arriva enfin avec l'herboriste à ses côtés. Celui-ci diagnostiqua une pneumonie et rassura son entourage en leur indiquant le traitement à suivre pour la mettre sur la voie de la guérison.

Le jour suivant, Mordrum quitta la petite famille et décida de se rendre au château du Comte Arnulf, puis il se ravisa. Il avait quelques précisions à demander à Mathilda, aussi rejoignit-il la vieille ferme. Le drodarin se mortifia lorsqu'il tomba sur les cadavres de la vieille nourrice et de sa fille, toutes deux poignardées et baignant dans leur sang. Celui-ci était partiellement coagulé, le double-meurtre avait dû avoir lieu quelques heures auparavent – il n'y avait pas une minute à perdre ! Il retourna alors au manoir au plus vite, traversant collines et forêts sans faiblir. À son grand soulagement, il retrouva la famille en bonne santé, et décida alors de leur raconter toute l'histoire. Il réunit les 3 enfants dans la salle du repas et leur raconta que leur mère Marianne était sans le moindre doute la fameuse Aliénor, ce qui faisait d'Albin et d'Aletha des héritiers directs d'Arnulf. Il leur raconta aussi que tous ici étaient en danger, et qu'il leur faudrait monter une garde constante, ce qu'ils firent.

Au cours de la journée, le nain profita d'un moment où Marianne reprit conscience pour lui poser quelques questions. Elle fut très surprise de l'étendue de ses connaissances sur la question, et sembla également incrédule lorsqu'il évoqua le désir du Comte de la retrouver. Enfin, lorsqu'il lui posa LA question, elle lui avoua qu'elle avait bel et bien porté le nom d'Aliénor dans une autre vie. Cela confirma qu'elle et ses enfants étaient en grand danger, car il soupçonnait Conrad d'avoir tué Mathilda et sa fille. Marianne/Aliénor et ses enfants étaient les suivants, à n'en pas douter.

Rien ne se passa de tout le jour. Par contre, une fois la nuit tombée, un étranger – un sbire de Conrad très probablement – s'introduisit dans le manoir, et commença à distribuer des coups de poignards à tout le monde. Albin tomban, puis Aletha. Le temps que Mordrum n'arrive, Simon fut blessé à son tour. Alors le nain tira avec son fusil de Bor et toucha l'intrus à l'épaule. Ils échangèrent ensuite des coups de poignard et de hache – le nain subit quelques coups assez graves mais il finit par planter sa hache dans la tête de l'assassin.
Fort heureusement, l'incident n'avait fait aucune victime, mais tous nécessitaient des soins urgents...

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Re: [Chroniques] Nos aventures en Magnamund

Messagepar Chrysalid » 02-23-2020

Suite et fin du scénario dans la région de Sharr. Pour la scène finale dans le cimetière, j'avoue m'être directement inspiré du passage avec Roark, dans le tome 6 : La Pierre de la Sagesse :D

Les regrets du comte Arnulf (II)
Mordrum, maîtrisé par Chrysalid (22/02/20)

Hagalas, 5001 PL • 5 jours

Le lendemain, après avoir passé une nuit fort peu confortable dans le couloir du manoir, montant la garde et dormant à moitié, le nain rassembla tout son courage pour se lever et faire une tournée d'inspection. Le corps de l'assassin se trouvait toujours là où ils l'avaient laissé la veille, les trois jeunes étaient toujours allongés dans leurs lits, blessés, tandis que la mère, Marianne/Aliénor, semblait se remettre lentement grâce au traitement.
Albin accepta de se lever pour accompagner Mordrum jusqu'à l'entrée lorsque celui-ci les quitta – il devait barricader la porte derrière lui et boucler tous les volets afin que la moindre intrusion fut toute de suite remarquée. Le nain répugnait à les abandonner ainsi sans protection alors qu'ils étaient tous diminués, mais il n'avait pas le choix s'il souhaitait progresser dans cette affaire.

Il se rendit ainsi au château qu'il trouva en fort mauvais état. Le passage d'un conflit récent l'avait laissé abîmé et à moitié brûlé, seul le donjon où vivait le Comte était encore debout. Là, le nain put rencontrer un homme du nom de Borogon, le capitaine de la garde avec qui il eut un long entretien. Le nain lui raconta tout ce qui s'était passé depuis son arrivée, depuis sa rencontre avec l'arrogant Conrad, et son enquête pour rencontrer quelqu'un qu'il ne nomma pas. Borogon comprit très vite de qui il s'agissait car il avait été présent lors des évènements, quelques 20 ans plus tôt. Il prévint immédiatement son interlocuteur que son nom ne devait en aucun cas être prononcé en ces murs, car cela pouvait le mener directement au cachot. Non, il n'avait pas entendu dire que le Comte Arnulf souhaitait retrouver sa fille et il serait fort surpris que cela fut réel. Il suggéra à Mordrum de laisser tomber cette affaire qui ne pourrait lui apporter que des ennuis. Il sembla néanmoins peiné en apprenant la mort de Mathilda, qu'il avait vaguement connue jadis, ainsi que de sa fille. Outre cela, il fut contrarié qu'un meurtre ait eu lieu sur les terres de son seigneur envers qui il semblait avoir une loyauté sans faille. Néanmoins, il lui refusa une entretien avec le Comte Arnulf car il savait comment cela se terminerait.

Envahi de pensées contradictoires au sujet de cette affaire compliquée, il remonta la colline jusqu'au village où il passa la soirée au Loup Pendu, avant d'aller se coucher, espérant que la nuit lui porterait conseil. Mordrum n'avait pas l'habitude de ces imbroglios tels qu'on ne pouvait en trouver que chez les humains.

Le lendemain, une nouvelle semaine commençait pour le village, avec Kaidag (lundi) pluvieux. Pour l'heure, le nain savait que la fille du Comte et ses enfants couraient un grave danger, mais il n'avait aucune preuve contre Conrad, hormis la forte présomption que par-dessus tout il désirait le pouvoir, au point d'envoyer un assassin sur les traces de sa cousine, depuis 20 ans bannie. Il devait admettre que toute cette affaire commençait à le fatiguer sérieusement ! Il se rendit au château pour annoncer à Borogon qu'il suivrait ses conseils, et qu'il abandonnait l'enquête. Il demanda à voir Conrad pour lui annoncer sa défaite, mais Borogon lui répondit que le jeune noble avait quitté le château tôt ce matin, sans préciser évidemment où il se rendait... Intrigué, Mordrum quitta le château et rejoignit le Bois Noir, où il eut le soulagement de retrouver la petite famille intacte. Ils n'avaient manifestement pas reçu la moindre visite depuis l'assassin de l'avant-veille. Tous discutèrent longuement de la possibilité de quitter les lieux pour se mettre en sécurité loin de là – après tout, Albin avait beau être l'héritier légitime du Comte, celui-ci ne s'intéressait pas au pouvoir. Espérant que cela suffirait à les mettre en sureté, le nain les quitta finalement.

Après avoir marché quelques kilomètres, il finit par tomber dans une embuscade. Trois sbires armés de poignards l'encerclèrent, alors même que Conrad apparut, sans surprise. Le nobliau le remercia d'avoir trouvé Aliénor, qu'il ne manquerait pas de tuer une fois le nain occi. Mordrum n'hésita pas un instant et dégaina son fusil d'un geste et tira sur Conrad qui tomba en arrière. Dans la seconde, les trois sbires l'attaquaient, lui portant plusieurs douloureuses blessures. Mordrum comprit qu'il n'aurait pas le dessus et décida de s'enfuir alors même que Conrad se relevait en le maudissant. Le drodarin, poussé par son adrénaline, parvint à surmonter de nombreux obstacles et finit par arriver dans un vieux cimetière abandonné, envahi par la végétation. Il trouva très vite une cachette et attendit en rechargeant son arme. Un premier sbire arriva qui repéra vite le nain. Puis un second. Lorsque le 3e survint à son tour, le nain venait d'achever son premier adversaire. Lorsqu'il réussit à tuer son second opposant, il n'était plus du tout en état de combattre qui que ce soit. Alors Conrad arriva. Tout en se lançant dans un véritable monologue de méchant, il exhiba une amulette et commença à psalmodier une incantation aux accents inconnus, mais dont la seule mention lui fit froid dans le dos. À cet instant, tout le cimetière sembla s'animer. Des mains griffues et des crânes vides émergèrent de la terre, les stèles s'afaissèrent et des pierres tombales se brisèrent. Le 3e sbire se figea, en proie à la terreur la plus glaciale. Mordrum leva son arme et tira sur Conrad qui tomba en arrière. Mais alors qu'il tentait de se relever, les mains griffues l'attrapèrent, et il hurla de terreur. A son tour, le 3e sbire fut attrapé par des morts-vivants. Le nain, quant à lui s'enfuit à toutes jambes. Il fut bien tenté d'attraper l'amulette de Conrad, qui s'agitait entre les mains des non-morts, mais la peur l'en empêcha. Il disparut à toutes jambes dans la forêt, poursuivi par les hurlements des imprudents qui se faisaient massacrer dans le vieux cimetière... Combien de temps détalla-t-il ainsi dans les bois, en proie à la terreur ? Il lui fallut atteindre la rivière pour reprendre ses esprits. Il retourna à l'auberge du Loup Pendu pour espérer y prendre quelque repos, mais la scène de cauchemar ne le quitta pas pour autant.

Le lendemain, le 10e jour du mois d'Hagalas, il retourna voir Borogon pour lui raconter tout ce qui s'était passé depuis la veille, puis il réclama une audience avec le Comte. Enfin, il put rencontrer le vieil homme blessé. Pendant longtemps, il tenta de lui raconter son histoire en évitant de parler de 'la personne dont on taira le nom', jusqu'à ce qu'Arnulf, fatigué de toutes ces énigmes, finisse par comprendre qu'il s'agissait d'Aliénor, la 'catin' qu'il avait bannie 20 ans plus tôt. Il se mit alors dans une colère noire et fit mettre Mordrum au cachot – ce que Borogon fit lui-même, car il l'avait prévenu maintes fois avant. Mais Mordrum en profita surtout pour y prendre quelque repos.
Après une nuit derrière les barreaux, le capitaine de la garde escorta lui-même le drodarin jusqu'au port où il espérait bien le voir quitter le Comté de Shaar de ses propres yeux. Mais pendant le trajet, Mordrum lui parla d'Aliénor et de ses deux enfants légitimes. Dont un garçon. Comme le Comte n'avait plus d'héritier, peut-être serait-il intéressant de rencontrer ce jeune homme, un bon garçon à n'en pas douter. Borogon accepta d'aller les voir à l'occasion.

Mais alors que Mordrum montait à bord d'un navire en partance vers le nord, il se dit que l'histoire entre Arnulf et Aliénor n'était peut-être pas tout à fait terminée...


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